Laetitia Masson filme des destins fracassés dans «Aurore» à (re)voir sur Arte

Elodie Bouchez, solaire dans ce drame pourtant très sombre[Hassen Brahiti]

Arte propose de (re)voir «Aurore» le jeudi 7 novembre à 20h55, drame en trois épisodes réalisé par Laetitia Masson, avec Elodie Bouchez, Lolita Chammah, et Hélène Fillières.

La réalisatrice de «A vendre» et «En avoir (ou pas)» a filmé en 2018 ce conte à la fois sombre et lumineux qui flirte avec le western et qui suit le destin de femmes tour à tour victimes et coupables. Des êtres en carence d’amour et de confiance dont la douleur intime a forgé la personnalité.

L'oeuvre, en trois parties de 52 minutes, s'ouvre avec une question : Comment un gosse peut-il en tuer un autre ?  Une mini-série troublante et volontairement filmée de manière non-réaliste pour convoquer la réflexion du téléspectateur.

L'histoire

Aurore, 10 ans vit seule dans un studio avec sa mère. Une femme-enfant à la main leste qui, entre deux bières, se donne aux hommes pour boucler ses fins de mois. Dès qu’elle le peut, Aurore s’échappe et fait les 400 coups avec son copain Chris. Un jour, ces deux adeptes de l’école buissonnière croisent un petit garçon et sa petite sœur qui s’amusent dans un bac à sable en bas de leur cité HLM. Aurore remarque que le petit garçon a un paquet de biscuits et lui demande de lui en donner un. Le petit garçon refuse et Aurore décide de l'emmener dans un entrepôt désaffecté. Là-bas, sous les yeux de Chris et de Maya (la petite sœur du petit garçon qui les a suivis discrètement), Aurore va en venir aux mains et perdre le contrôle… Alors qu'une policière (Hélène Fillières en flic androgyne) enquête sur la mort de l'enfant, Aurore se mure dans le silence... Des années après ce terrible drame, Aurore et Maya se recroisent… L’une tente d’oublier, l’autre est assoiffée de vengeance…

«Comment fait-on d’un enfant un être humain, capable de vivre au milieu des autres, et de survivre à tous les dangers de cette vie en communauté ? C’est ça, le sujet de la série», raconte la réalisatrice Laetitia Masson.

Après un premier épisode sur la sauvagerie qui soulève la question de la responsabilité des adultes dans l'incapacité des enfants à gérer leur violence, le deuxième épisode interroge la culpabilité et la vengeance. «Les coupables peuvent-ils réparer le passé ? Les victimes peuvent-elles résister, adultes, à la violence générée par leurs blessures d’enfance ?», questionne la réalisatrice qui, dans le troisième et dernier épisode, met en jeu «les conditions d’une possible rédemption, l’échange des rôles entre coupable et victime et la quête de l’amour rédempteur : qu’est-ce que le véritable amour, non destructeur, non anthropophage, celui qui peut délivrer du mal ? ».

De magnifiques duos

«Je n’ai pas éprouvé le besoin de me documenter sur des faits réels, de m’inspirer de parcours d’enfants meurtriers, de profils psychologiques… J’ai plutôt cherché à me fondre dans l’univers poétique de Laetitia», confie Elodie Bouchez qui incarne avec intensité l'(anti)-héroïne de ce conte moderne. Un personnage amené à composer plusieurs duos.

«Il y a d’abord le lien avec sa fille (Ambre Hasaj), et donc avec sa propre enfance. Il y a aussi, à l’origine, celui douloureux et irréparable, avec sa mère (Sigrid Bouaziz / Aurore Clément). Il y a ce musicien, Leonard (Maurice Greene) : son rêve, sa quête, son eldorado, son refuge. Et enfin il y a son lien avec (Maya) le personnage de Lolita Chammah, l’amie, la soeur impossible et le pardon.»

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