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Dave Chappelle, Kevin Hart, Pete Davidson... : des humoristes américains sévèrement critiqués pour leur participation à un show organisé en Arabie Saoudite

Pete Davidson et Kevin Hart font partis des humoristes visés par les critiques. [Arturo Holmes / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP-Anna Webber / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AF]

Aux États-Unis, de nombreuses voix s’élèvent pour critiquer les humoristes ayant accepté de participer au Riyadh Comedy Festival organisé en Arabie Saoudite par les autorités contre une forte somme d’argent. Et l’acceptation d’une censure imposée par le régime saoudien. 

Le spectacle de la discorde. Plusieurs humoristes américains critiquent ouvertement leurs confrères – parmi lesquels se trouvent Kevin Hart, Dave Chappelle, Bill Burr, Aziz Ansari, Louis C.K., Whitney Cummings, Pete Davidson ou encore Zarna Garg – ayant répondu favorablement à l’invitation de l’Arabie Saoudite pour participer au Riyadh Comedy Festival en échange d’un salaire mirobolant, sans aucune considération pour les violations répétées des droits humains, l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi en octobre 2018, ou encore le rôle joué par l’Arabie Saoudite dans les attentats du 11-septembre. 

Aussi, les artistes Marc Maron, Zach Woods ou encore David Cross se sont exprimés sur l’image catastrophique renvoyée par ces humoristes réputés pour leur franc-parler. «Je suis profondément dégoûté, et terriblement déçu par cette chose immonde. Que des personnes dont j’admire le travail, doté d’un talent indéniable, aillent cautionner un régime totalitaire, pour quoi ? … une quatrième maison ? Un bateau ? Plus de baskets ?», s’est notamment emporté David Cross sur Instagram.

«Il sera impossible de prendre au sérieux les complaintes de ces humoristes à l’avenir (à moins que ce soit pour dire qu’on ne soutient pas assez la torture, les exécutions de masse de journalistes ou des militants pacifiques qui luttent pour l’égalité des sexes et les droits LGBTQ, ou qu’on ne terrorise pas suffisamment les Américains en écrasant des avions de ligne dans des immeubles)», a-t-il ajouté. «Et ce sont les mêmes qui sont là à pleurer à propos de la ‘cancel culture’ et de la ‘liberté d’expression’, et toute cette merde ? C’est terminé. Vous n’avez plus aucun droit d’en parler à l’avenir. Désormais, nous voyons tous le contrat que vous venez de signer», a-t-il poursuivi, soulignant que l’Arabie Saoudite était un des pays où l’esclavage était encore monnaie courante.

«Je ne comprends pas comment être aussi riches peut faire de vous de telles prostituées. Les gens pauvres, désespérés d’améliorer leur vie ou celle de leur famille, pourquoi pas. Ce n’est pas plus acceptable, mais je peux comprendre le désespoir de vouloir manger à sa faim. Mais ça ? Ce n’est pas comme si vous faisiez la promotion d’un service sans fil ou d’une application de paris sportifs. C’est la définition même de ‘l’argent du sang’. Autant faire la promotion de Lockheed Martin (société d’armement américaine, ndlr) ou du Zyklon B», a-t-il écrit. 

Une censure imposée 

L’humoriste Atsuko Okatsuka avait révélé quelques jours plus tôt avoir été invitée à participer à l’événement – ce qui n’est pas le cas de David Cross et Marc Maron – et avait partagé une capture d’écran montrant les «restrictions de contenus» imposées par les organisateurs, interdisant tout propos susceptible de «dégrader, diffamer, porter atteinte publiquement, mépriser, embarrasser ou ridiculiser» le gouvernement saoudien. Une censure inacceptable à ses yeux (les humoristes Shane Gillis et Mike Birbiglia ont également affirmé avoir décliné l’invitation), en contradiction totale avec l’esprit même de leur profession. 

Selon le site américain The Athletic, le festival a été organisé à l’initiative de Turki Al-Sheikh, conseiller à la cour royale saoudienne au rang de ministre et président du conseil d'administration de l'Autorité générale pour le divertissement depuis 2018, connu pour avoir mené de violentes campagnes de répression envers les opposants au régime, avec détentions arbitraires, enlèvements volontaires, et actes de torture. 

La chercheuse Joey Shea, qui travaille pour le compte de l’ONG Human Rights Watch, a confié pour sa part à la chaîne américaine CBS News que le «gouvernement saoudien investi des milliards de dollars dans des événements de divertissement de grande ampleur dans un effort délibéré de blanchir la réputation du pays au niveau des droits humains et faire diversion sur les abus qui continuent de s’y produire». 

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