Renault a décidé de confier au groupe coréen LG, plutôt qu'à son partenaire japonais Nissan comme c'était auparavant prévu, la fabrication des cellules et des modules de batteries électriques qui seront assemblées dans son usine de Flins (Yvelines).
Un protocole d'accord a été signé entre Renault et LG "pour la fabrication et la commercialisation pour les cellules et les modules de batteries", a indiqué lundi une porte-parole du constructeur automobile français, confirmant une information du quotidien Libération.
Elle n'a pas pu préciser quand exactement la signature avait eu lieu.
Renault travaille déjà avec des modules de batteries fournies par LG pour les batteries qui équipent sa citadine électrique Zoé, qui est fabriquée à Flins et sera commercialisée à l'automne.
Il s'agit maintenant de "développer les futures générations de batteries", a précisé une autre porte-parole.
Renault avait pourtant annoncé en novembre qu'il laissait la main à Nissan, dont il détient 44%, pour construire les batteries de ses futures voitures électriques à Flins.
Mais selon une personne proche du dossier citée par Libération, les batteries du Japonais se sont avérées "pas aussi au point que Renault le pensait". Cette source évoque même un "gros raté politico-industriel".
Pour le quotidien, il s'agit d'un véritable "camouflet" pour Nissan, une analyse que Renault a démentie.
Les technologies dans les batteries évoluent vite et "cela nécessite d'avoir recours à différents partenaires pour identifier les meilleures solutions technologiques", a justifié la porte-parole du groupe français.
"Cela ne veut pas dire que Nissan n'était pas au niveau", a-t-elle affirmé.
Nouveau revirement
Nissan continuera à fournir les batteries pour les versions électriques de la berline Fluence et de l'utilitaire Kangoo, a-t-elle dit, Renault s'approvisionnant chez LG pour la Zoé, mais aussi pour le quadricycle Twizy.
Renault avait annoncé en grande pompe, à l'automne 2009, le choix de Flins, qui produit actuellement la Clio 3, pour y fabriquer la Zoé, mais aussi ses batteries, répondant ainsi aux inquiétudes sur la place accordée à la France dans sa stratégie industrielle.
Il était soutenu en cela par l'Etat français qui devait lui prêter 100 millions d'euros. Une coentreprise entre l'alliance Renault-Nissan, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA) et le Fonds stratégique d'investissement (FSI) devait être mise sur pied pour produire les batteries lithium-ion nécessaires à ses futurs véhicules verts.
L'investissement de la première phase du projet était estimé à 600 millions d'euros jusqu'en 2013, le FSI devant entrer au capital de la nouvelle entité à hauteur de 125 millions d'euros en numéraire et le CEA pour 5 millions.
Mais ce schéma a été depuis abandonné, obligeant Renault à trouver une autre solution. A l'automne dernier, il avait annoncé que ce serait Nissan qui produirait ses batteries.
Le choix de LG marque donc un nouveau revirement dans un dossier qui avait déjà pris beaucoup de retard. La fabrication de batteries, initialement prévue pour la mi-2012, avait ainsi été repoussée l'été dernier d'un an et demi, à début 2014.