L'Institut Montaigne plaide pour le "travailler plus sans gagner plus"

Les Français devraient travailler plus sans compensation salariale, selon l'Institut Montaigne. (Photo d'illustration)[AFP]

Dans un rapport sur le temps de travail publié ce mercredi 8 octobre, l'Institut Montaigne, think thank d'inspiration libérale, estime que les Français doivent travailler davantage sans compensation salariale. Ce, afin de "relancer l'économie".

 

En 2007, lors de la campagne présidentielle, Nicolas Sarkozy avait pour slogan "travailler plus pour gagner plus". En 2014, l'Institut Montaigne plaide pour le "travailler plus sans gagner plus" afin de "relancer l'économie" française.

Dans son rapport intitulé "Temps de travail : mettre fin au blocage", publié ce mercredi 8 octobre, le think thank (laboratoire d'idées) d'inspiration libérale préconise en effet, de réformer le temps de travail des Français en les incitant à travailler davantage sans hausse de salaire.

 

Les Français ne travailleraient pas assez

L'Institut Montaigne déplore les "proportions inquiétantes" entre le temps de travail des Français  et celui de leurs voisins. "Tous secteurs confondus, les salariés à temps plein travaillent en France moins que dans les pays européens et les économies comparables de l'OCDE", souligne-t-il.

S'appuyant sur les données d'une étude de Coe-Rexecode, le think thank note qu'en 2013 les salariés français à temps complet ont travaillé 186 heures de moins que les Allemands et 239 heures de moins que les Britanniques.

Selon l'Institut, ces écarts s'expliquent par "une durée hebdomadaire de travail basse", "un nombre cumulé de congés et de RTT très important" ainsi qu'un fort absentéisme.

 

Réformer le temps de travail sans compensation salariale

Relevant que cette situation "a handicapé l'économie française au cours des dix dernières années", le laboratoire d'idées affirme qu'il faut "agir rapidement" en réformant le temps de travail. "Une hausse du nombre d'heures travaillées sans compensation salariale, en permettant à la fois une baisse du coût du travail et une hausse de la production pourrait permettre de créer un véritable choc de compétitivité en France", peut-on lire dans le rapport.

Ainsi, l'Institut émet plusieurs recommandations. Pour le secteur privé, il propose deux scénarios : augmenter la durée légale du travail à une durée comprise entre 38 et 40 heures par semaine (contre 35h actuellement) ou carrément "supprimer la durée légale du travail", qui serait désormais fixée "par accords collectifs de branche ou d'entreprise".

Pour le secteur public, le think thank propose de relever le seuil déclenchant des heures supplémentaires entre 38 et 40 heures par semaine, avec une absence de "compensation salariale" pendant une période qui pourrait durer trois ans.

L'Institut Montaigne préconise également de lutter contre l'absentéisme, notamment en instaurant un jour de carence dans la fonction publique.

 

Débat sur les 35 heures relancé

Ce rapport de l'Institut Montaigne survient alors que le débat sur les 35 heures a été relancé ces dernières semaines à plusieurs reprises.

Le 24 septembre, lors de la présentation de son plan de relance de l'emploi, le Medef préconisait "d'assouplir les 35 heures selon les besoins des entreprises". "Nous ne travaillons pas assez", soulignait même Pierre Gattaz, le président du Medef.

Et en août, la veille de sa nomination au poste de ministre de l'Economie, Emmanuel Macron s'était déclaré, dans une interview au Point, favorable au fait d'autoriser "les entreprises et les branches à déroger" aux 35 heures, en cas d'accord avec les organisations syndicales.

Le cabinet du Premier ministre Manuel Valls avait ensuite assuré que le gouvernement n'avait "pas l'intention de revenir sur la durée légale du travail"

 

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