Macron défend sa loi, Aubry parle de "régression"

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron.[FRED DUFOUR / AFP]

Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a assuré mercredi que son projet de loi permettant une ouverture plus fréquente des commerces le dimanche était "une avancée sociale", quand le Premier ministre, Manuel Valls, a lui évoqué des "marges de débat".
 

Faisant valoir que son projet de loi, s'il donne la possibilité d'ouvrir des commerces 12 dimanches par an au lieu de 5, consacre aussi le principe d'une compensation obligatoire, il a dit: "C'est une bonne chose et c'est une avancée sociale".

"La réalité de la société française, c'est que 30% des Françaises et des Français travaillent de manière occasionnelle ou régulière le dimanche", pour certains "sans compensation", et "que les Français et Françaises veulent aussi consommer le dimanche", ce qui profite aux grands opérateurs de vente en ligne, a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

M. Macron, qui subit avec ce projet de loi présenté de manière très solennelle mercredi son baptême du feu en tant que ministre, a martelé qu'il s'agissait d'une réforme "pragmatique" et non d'un "grand chantier de civilisation".

Martine Aubry, la maire PS de Lille, voit, elle, dans une ouverture accrue des commerces le dimanche, prévue par le projet de loi Macron, une "régression" qu'elle s'engage à combattre. Manuel Valls a de son côté déclaré qu'"entre 5 et 12 il y a des marges de débat", tout en assurant: "Le dimanche n'est pas un jour comme les autres".

"J'en fais tout sauf un sujet de confrontation", a assuré le chef du gouvernement.Interrogé plus précisément sur la compensation, M. Macron a rappelé qu'elle devrait être décidée par des accords à l'intérieur des branches ou des entreprises, sans imposer un montant à l'avance, par exemple le principe du doublement du salaire.

"Si vous décidez le +payer double+, vous créez des déséquilibres", au détriment des petits commerces, a-t-il fait valoir.Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert, s'était, lui, dit mardi favorable au doublement du salaire, comme un "socle à partir duquel on peut discuter".

Le projet de loi, qui prévoit la création de zones touristiques internationales créées par décret ministériel et non sur proposition du maire comme les zones touristiques actuelles, risque en tout cas d'ouvrir un nouveau front avec la maire de Paris Anne Hidalgo (PS).

Cette dernière avait dit samedi sur France 3 Ile-de-France tout le mal qu'elle pensait d'une telle mesure: "Je suis contre l'idée qu'il puisse y avoir des zones internationales où ce ne serait pas le maire de Paris qui déciderait (...) J'y suis diamétralement opposée, j'ai eu l'occasion de le dire aussi bien à Emmanuel Macron, au président de la République et au Premier ministre. Bien sûr que non, écoutez le maire de Paris, il va se laisser dicter par décret la nature du territoire sur lequel on intervient ?"

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