Une asphyxie planétaire

Habitantes de Pékin portant des masques durant un épisode de pollution, le 23 février 2014 [AFP]

«Le temps joue contre nous.» En présentant le dernier rapport de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), son secrétaire général, Michel Jarraud, n’a pas caché l’urgence de la situation. Selon cette agence de l’ONU, les gaz à effet de serre ont atteint en 2013 des concentrations records.

 

Entre 2012 et 2013, le taux d’accroissement du dioxyde de carbone atmosphérique a été le plus important depuis 1984. Les conséquences de cette dégradation pourraient être désastreuses pour la planète. Pour tenter d’y remédier, il faut s’attaquer aux causes.

 

L’homme, premier responsable

Si une grande partie des gaz à effet de serre sont d’origine naturelle (la vapeur d’eau étant le plus important et le moins nocif), les plus dangereux résultent de l’activité humaine. Et de la combustion de combustibles fossiles (charbon, pétrole, gaz naturel) venue surtout des transports et de la production d’électricité.

Depuis 1880, les rejets de ces gaz ont été multipliés par soixante. Au total, plus de 1 100 milliards de tonnes de CO2 ont été rejetées dans l’atmosphère. La déforestation galopante est aussi à pointer du doigt. Le CO2 émis par les arbres brûlés étant trop important pour être absorbé par ceux qui restent debout.

L’élevage intensif est quant à lui responsable de 18 % des émissions, avant tout du méthane (CH4). Légèrement moins nocif pour la planète que le CO2, sa concentration s’est accrue de 260 % par rapport au niveau préindustriel.

Mais le rapport de l’OMM met en exergue une nouvelle cause expliquant la concentration très importante de gaz à effet de serre en 2013. Selon elle, les quantités de dioxyde de carbone absorbées par la terre elle-même (notamment par les plantes), environ un quart des émissions, ne seraient plus aussi grandes qu’avant. Un constat qui, s’il se confirme, pourrait être «lourd de conséquences».

 

Réchauffement et acidité

La première conséquence de cette concentration record reste le réchauffement climatique. Les spécialistes prévoient une augmentation globale pouvant aller de 1 à 6° C au cours de ce siècle, ce qui entraînerait une augmentation du niveau de la mer de plusieurs dizaines de centimètres et des événements climatiques (inondations, sécheresses, tempêtes…) plus intenses et récurrents.

L’homme pourrait aussi être le premier à en subir les conséquences avec la multiplication des maladies liées à la pollution : affections respiratoires, cancers des poumons, etc. A plus long terme, les océans, qui absorbent aujourd’hui un quart des émissions de gaz à effet de serre, devraient aussi devenir plus acides, menaçant la survie de milliers d’espèces.

Pour inverser la tendance, ou tout du moins la ralentir, la communauté internationale doit enclencher une décroissance des émissions de gaz à effet de serre autour de 2020. Un objectif qui semble irréalisable aujourd’hui.

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