L'Europe unie contre la pollution

Anne Hidalgo a rappelé que les métropoles "sont dos au mur et se doivent d’agir vite".[ERIC FEFEBERG / AFP]

Les représentants d’une trentaine de métropoles ont répondu à l’appel d’Anne Hidalgo et ont pris des mesures avant la conférénce de l’ONU.

 

Les villes veulent peser dans le changement climatique. C’est dans cette optique qu’une trentaine de maires et de représentants de grandes villes européennes ont été réunis jeudi à Paris par Anne Hidalgo, en préfiguration de la conférence de l’ONU sur le climat (COP 21), qui se tiendra à Paris en décembre prochain. Au côté de son homologue romain, Ignazio Marino (co-organisateur de l’événement), l’élue parisienne a rappelé que les métropoles "sont dos au mur et se doivent d’agir vite".

Les villes européennes connaissent en effet des problèmes récurrents de pollution ­atmosphérique et sont aujourd’hui de trop grandes émettrices de CO2 (activité humaine, chauffage…). Le président de la République, François Hollande, également présent, a salué l’initiative, expliquant que "le rôle des métropoles est de montrer qu’il est possible de vivre avec un modèle ­urbain permettant de répondre aux exigences de la lutte contre le réchauf­fement climatique".

 

Une déclaration commune

C’est d’ailleurs en ce sens que les villes représentées ont adopté, à l’issue de la réunion, une "Déclaration des maires pour le climat". Celle-ci prévoit notamment de réaliser des commandes groupées auprès d’industriels pour doper les filières vertes. En clair, les villes se réuniront pour investir dans les domaines des transports, du bâtiment et de l’énergie, principalement.

Le premier acte concret de ce partenariat est l’achat groupé de bennes à ordures respectueuses de l’environnement, prévu par Paris, Rome et Bruxelles. D’autres pistes de commandes collectives sont également envisagées, afin de favoriser les transports publics, l’autopartage, l’électrique (voitures et bornes de recharge) ou encore la construction de bâtiments peu énergivores et à énergie positive (produisant plus qu’ils ne consomment). Le potentiel est énorme car ensemble, les grandes villes européennes représenteraient 10 milliards d’euros de commandes publiques par an.

 

Partager les bonnes idées

La réunion de Paris a aussi permis aux représentants de partager leurs initiatives pour réduire la pollution et leur empreinte carbone. "En la matière, Paris est un exemple pour le monde" (avec Autolib’ et Velib’), selon Miguel Arias Canete, le commissaire européen au Climat. Mais d’autres idées sont à partager, "les villes connaissant toutes des problèmes de pollution", expliquait hier le maire de Rome. La capitale italienne, ainsi que Milan, ­Florence, Bruxelles et Ljubljana (Slovénie) tendent, par exemple, vers le zéro voiture dans l’hypercentre, privilégiant les transports publics, les véhicules électriques et la piétonnisation.

A Londres, on réfléchit à la mise en place de taxis 100 % électriques pour remplacer les "black cabs" traditionnels, tandis qu’à Helsinki et à Lisbonne, la ville devient une ferme solaire. Amsterdam développe de son côté l’économie ­circulaire, qui consiste notamment à recycler les déchets ou à les réutiliser comme source d’énergie.

 

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