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Que sont les NGT, ces «nouveaux OGM» qui vont se développer dans l'UE ?

Résistantes au changement climatique, les semences issues des NGT doivent permettre «d'obtenir des rendements plus élevés sur des surfaces plus réduites». [Adobe stock/Dusan Kostic]

L'Union européenne a trouvé cette nuit un accord pour développer les NGT (New Genomic Techniques) dans son agriculture. Il s'agit d'une nouvelle génération d'organismes génétiquement modifiés (OGM), censés permettre un meilleur rendement.

Après les OGM, voici les NGT. Dans la nuit de mercredi à jeudi, les députés européens ainsi que les Etats membres ont scellé un accord visant à introduire, au sein de l'agriculture européenne, ces plantes issues de nouvelles techniques génomiques. L'objectif est de développer des variétés plus résistantes aux aléas climatiques et moins gourmandes en engrais.

Concrètement, ces NGT (New Genomic Techniques, nouvelles techniques génomiques) permettent de modifier le génome d'une plante mais elles se différencient des OGM de première génération car elles n'introduisent pas d'ADN étranger. 

Les semences obtenues sont donc des organismes génétiquement modifiés mais ne sont pas «transgéniques». Qualifiées de «nouveaux OGM» par leurs détracteurs, les NGT sont soutenues par les gros syndicats agricoles. 

La rapporteure du texte, l'eurodéputée suédoise Jessica Polfjärd (PPE, droite), a elle aussi salué une «avancée majeure» qui permettra «d'obtenir des rendements plus élevés sur des surfaces plus réduites», avec des plantes «résistantes au changement climatique».

Le compromis trouvé cette nuit assouplit les règles actuelles pour une partie seulement des NGT, dites de catégorie 1. Sous réserve d'un nombre limité de mutations, ces produits seront considérés comme équivalents aux variétés conventionnelles.

Les NGT résistantes aux herbicides ou produisant des insecticides ne seront en revanche pas autorisées sur le marché, au nom de la durabilité. Dans l'agriculture biologique, aucune NGT ne sera autorisée.

Un sujet délicat en Europe

Cette simplification des règles était réclamée par la puissante organisation agricole Copa-Cogeca, comme par les grands semenciers, au nom de la compétitivité européenne face aux Etats-Unis et à la Chine, qui autorisent les NGT.

Mais le débat sur ces biotechnologies est tendu en Europe, où cette édition génomique est aujourd'hui classée dans la catégorie des OGM, tous interdits à la culture, à l'exception du maïs Monsanto 810, cultivé sur de petites surfaces en Espagne et au Portugal.

L'ONG Pollinis, comme d'autres organisations environnementales et le secteur de l'agriculture biologique, craint que cette décision ne fasse «courir des risques majeurs pour notre agriculture et notre alimentation».

«On joue aux apprentis sorciers»

Elle dénonce notamment le fait que, selon l'accord, la présence de NGT de catégorie 1 devra figurer sur les sacs de semences achetés par les agriculteurs, mais pas dans l'étiquetage du produit final. «Une atteinte grave aux droits fondamentaux des consommateurs» selon Charlotte Labauge, l'une des responsables de l'ONG.

Cette question de la traçabilité a été au coeur des débats, ainsi que celle des brevets dont pourront bénéficier les NGT. Pour certains ces derniers pourraient destabiliser le secteur agricole et créer des déséquilibres si les brevets onéreux se retrouvaient majoritairement aux mains de multinationales, au détriment de petits agriculteurs.

«On joue aux apprentis sorciers, on enlève aux consommateurs leur liberté de choix» et «on jette les agriculteurs dans les bras de grands groupes internationaux», a déploré au Parlement le socialiste français, Christophe Clergeau.

Ardemment soutenu par le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l'UE jusqu'à fin décembre, cet accord doit désormais être approuvé une dernière fois par les Etats membres et le Parlement européen pour entrer en vigueur.

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