Un troisième foyer de fourmis électriques a été détecté en mars dans le Var, le seul département français où cette espèce exotique envahissante très dangereuse pour la biodiversité est présente, a annoncé le préfet du Var jeudi.
C’est une nouvelle dont les habitants de Cavalaire-sur-Mer (Var), auraient aimé se passer : un troisième foyer de fourmis électriques, une espèce exotique envahissante particulièrement dangereuse pour la biodiversité, a été détectée dans la ville à la fin du mois de mars par la municipalité. Le département a engagé des démarches pour traiter les zones infestées, a confirmé le préfet Simon Babre lors d'une conférence de presse.
La fourmi électrique, microscopique, est une espèce exotique très dangereuse pour l'homme, sa piqûre pouvant provoquer une forte douleur et une réaction allergique, mais surtout pour la biodiversité. Elle s'attaque aux autres insectes mais aussi aux oiseaux et mammifères. Elle élève des pucerons, des cochenilles et a donc des effets dévastateurs sur l'agriculture. Elle a été observée en Australie, où elle a proliféré.
Le préfet a aussi annoncé qu'à la suite d'alertes de ses services notamment, un traitement par saupoudrage de produit insecticide sur les deux premiers foyers détectés va être autorisé dans le Var contre cette fourmi pour la première fois en France. La préfecture a obtenu le financement nécessaire pour traiter environ deux hectares à Toulon et deux hectares à la Croix-Valmer avec une autorisation ministérielle pour 180 jours de traitement.
début du traitement en mai
Jusqu'à présent, seuls des distributeurs de produit insecticide se présentant sous la forme de boîtiers remplis de granulés étaient autorisés «mais la probabilité que les fourmis les rencontrent étaient faibles», selon Olivier Blight, chercheur de l'Université d'Avignon spécialiste de cette fourmi, très méfiante. Début 2026, Fredon Paca, un opérateur public de traitement des espèces invasives, et le groupe de travail dédié des universités de Montpellier et Avignon, ont finalisé la cartographie des zones affectées.
Des réunions publiques seront organisées pour commencer ce traitement en mai et informer les habitants des précautions à prendre. Des zones inaccessibles à l'homme car trop escarpées seront traitées par drone. Olivier Blight et l'opérateur Fredon se sont montrés confiants sur l'éradication de l'espèce et ont tenu à rassurer : «Les quantités de produit dispersées sont infinitésimales, on parle de quelques grammes par m2».
L'Australie a dépensé 30 millions d'euros depuis 2006 pour lutter contre cette fourmi ravageuse, faute d'avoir pris le problème à temps.