Des plaques engluées vendues en grande surface pour éliminer les rongeurs ne font pas l'unanimité. Une association de protection animale tire la sonnette d'alarme et réclame leur interdiction en France. La mobilisation prend de l'ampleur.
Une pétition, de près de 9.000 signatures en quelques jours. L'association Projet Animaux Zoopolis (PAZ) a lancé cette campagne après qu'un client, choqué de découvrir des pièges à colle pour rongeurs en rayon dans un supermarché, l'a alertée.
Pour la cofondatrice Amandine Sanvisens, aux micros de France 3 le constat est sans appel : ces dispositifs condamnent les animaux capturés à mourir de faim, de soif ou d'épuisement après des heures, voire des jours d'agonie.
Le principe est simple : une plaque recouverte d'une substance adhésive immobilise instantanément le rongeur qui la foule. Mais rien ne provoque la mort directement. L'animal tente de se libérer, se blesse, se mutile parfois, avant de succomber dans ses propres excréments. Une étude britannique publiée en 2022 a attribué à ces dispositifs un niveau de souffrance de 7 sur 8, soit qualifié d'extrême.
Des victimes collatérales et un flou juridique
Autre problème soulevé par les associations, ces pièges ne sont pas sélectifs. Hérissons, rouges-gorges, lézards ou chauves-souris, y compris des espèces protégées, finissent régulièrement capturées, comme en témoignent chaque année les centres de soins pour animaux sauvages.
Sur le plan juridique, la situation est paradoxale. Les souris et rats surmulots sont reconnus comme animaux domestiques par un arrêté de 2006, ce qui les protège théoriquement des actes de cruauté. Pourtant, les pièges à colle restent légaux en France, alors que l'Irlande, l'Écosse ou encore la Nouvelle-Zélande les ont déjà interdits.
Face à la pression associative et citoyenne, plusieurs grandes enseignes (Jardiland, Carrefour, Gamm Vert) ont cessé de les commercialiser. Trois propositions de loi ont par ailleurs été déposées au Parlement en 2025 pour en interdire la production et la vente. Le débat est désormais national.