En Angola, une mission scientifique a permis d'identifier des dizaines d’espèces jusqu'alors inconnues de la science. Libellules, papillons de nuit, sauterelles, grenouilles, ou encore chauves-souris, ces découvertes ont mis en lumière la richesse de ce pays d'Afrique.
Des dizaines d'espèces inconnues de la science. Une expédition scientifique menée par The Wilderness Project depuis le mois de février 2026 sur le plateau de Lisima, dans l'est de l'Angola, a révélé des découvertes exceptionnelles, dont huit espèces inédites de libellules, trois nouvelles espèces de sauterelles et environ soixante espèces de papillons méconnues. Des décennies de guerre civile avaient laissé la région pratiquement inexplorée sur le plan scientifique.
Le grillon cuirassé (Enyaliopsis)
C'est l’une des trois espèces de sauterelles découvertes. Principalement prédateurs et capables de capturer puis de manger d’autres insectes, les grillons cuirassés peuvent projeter leur propre sang pour dissuader leurs ennemis.

Les sauterelles bicolores (Gelotopoia bicolor)
Elles sont les reines du camouflage. Cette espèce se dissimule notamment parmi les lichens abondants dans les forêts tropicales et subtropicales d’Afrique.

L’agrion coloré d’Angola (Pseudagrion angolense)
Il n’était auparavant connu qu'à l'ouest de l’Angola. Les observations réalisées dans le cadre de la mission scientifique ont permis d'étendre considérablement son aire de répartition.

Les papillons de nuit du genre Alucita (Alucita)
Facilement reconnaissables grâce à l’anatomie unique de leurs ailes, ils possèdent un plumage divisé, telles des plumes d’oiseau.

Le gigantesque scarabée africain (Mecynorhina confluens)
L’entomologiste Gimo Daniel pose avec un gigantesque scarabée africain. Cette espèce peut atteindre la taille d’une paume de main. Les mâles possèdent une corne bifide qu’ils utilisent pour rivaliser avec d’autres mâles.

Une araignée-crabe à couronne (Smodicinus sp. nov.)
Plusieurs espèces d’araignées présentent une biofluorescence dont la fonction reste mal comprise mais pourrait jouer un rôle dans la reproduction, l’attraction des proies, le camouflage ou les interactions avec les prédateurs. Grâce à sa biofluorescence, l'araignée-crabe à couronne peut se dissimuler aisément dans la nature.

Une araignée orbiculaire imitant une coccinelle (Paraplectana sp. nov.)
Une espèce nouvelle pour la science. Les araignées de ce genre disposent d’un mécanisme de défense original : elles imitent les coccinelles. Leur forme et leur coloration signalent généralement aux prédateurs qu’il s’agit d’une proie amère ou toxique, ce qui protège l’araignée contre la prédation.

La mantispe (Sagittalata sp.)
Elle n’est ni une mante religieuse ni une mouche. Elle appartient au groupe des chrysopes, le même ordre que les fourmilions et les ascalaphes. Ses pattes avant ressemblent à celles d’une mante religieuse et servent à capturer de petits insectes. Les larves sont spécialisées dans la prédation des œufs d’araignées.

Les fulgores (Lophopidae)
Connues pour leurs tibias antérieurs fortement aplatis, elles ressemblent étrangement à des feuilles lorsque leurs pattes sont posées sur la végétation.

Le serpent arboricole vert à grands yeux (Rhamnophis aethiopissa)
Son observation dans le Cassai Life Atlas représente l’un des quatre seuls signalements connus en Angola, tous les autres provenant de l’extrême nord du pays. Lorsqu’il est menacé, il gonfle sa gorge pour paraître plus grand et plus intimidant, à la manière du boomslang.

Selon la biologiste angolaise Laurinda Mandela de Fraga, cette mission représente une contribution importante à la valorisation du patrimoine naturel angolais. Les résultats confirment le rôle du plateau de Lisima comme refuge majeur de biodiversité et réservoir d’eau douce essentiel pour l’Afrique australe.
D’ici 2035, The Wilderness Project ambitionne, avec ses partenaires locaux et internationaux, d’explorer 1,2 million de km² de milieux aquatiques africains.