Une ex-employée d'une crèche de Lyon (Rhône) a été condamnée ce jeudi à 25 ans de réclusion pour avoir mortellement empoisonné Lisa, une fillette de 11 mois, avec du Destop. Le parquet avait requis 30 ans de réclusion pour ces faits datant de 2022.
Le drame avait déclenché un flot d’indignation. Une employée de crèche, jugée depuis ce mardi 1er avril à Lyon, par la cour d’assises du Rhône, pour son geste qui reste inexplicable, a été condamnée ce jeudi à 25 ans de réclusion. En 2022, l’accusée, Myriam Jaouen, aurait empoisonné la petite Lisa, une fillette de 11 mois.
En effet, après avoir plusieurs fois changé de version, la puéricultrice avait reconnu avoir administré un produit caustique au bébé, du déboucheur pour les canalisations, de type Destop.
Jugée pour homicide volontaire, la jeune femme encourait jusqu'à 30 ans de réclusion, selon les réquisitions du parquet.
Empoisonnée après une dizaine de minutes
Au moment des faits, le 22 juin 2022, Myriam Jaouen était seule à l’ouverture de la micro-crèche lyonnaise, appartenant au groupe «People & Baby», où elle travaillait depuis trois mois seulement.
La petite Lisa avait été déposée peu avant 8h par son père. Une dizaine de minutes plus tard, une mère venue laisser son enfant avait découvert la jeune employée, qui avait alors 27 ans, paniquée. Lisa était nauséeuse, vomissait, et les secours avaient été appelés.
Dépêchés sur place, les pompiers avaient retrouvé la fillette de 11 mois inconsciente à leur arrivée. L’enfant est décédée à l’hôpital après l'échec des efforts de réanimation.
«Excédée» par les pleurs du bébé
Interpellée dans l’après-midi, Myriam Jaouen avait d’abord joué la carte de l’accident : elle a ainsi assuré que la fillette avait ingéré de la peinture noire, sortie pour une activité au sein de la crèche.
Elle avait finalement avoué les faits pendant sa garde à vue : «Excédée par les pleurs de l'enfant, elle l'a aspergé puis fait ingérer un produit caustique» avait expliqué le parquet. D’après nos confrères du Figaro, la jeune femme aurait «pété un câble», lorsque Lisa s’est mise à pleurer. Elle avait ensuite avoué «avoir voulu faire taire Lisa en lui faisant ingurgiter une bouteille dont elle ignorait le contenu».
Depuis son arrestation, Myriam Jaouen affirme que l’acte n’était pas prémédité, et qu’elle n’avait pas conscience du fait que la bouteille contenait un produit caustique. Pourtant, la fillette présentait des brûlures et des lésions tellement importantes que les experts sont convaincus qu'une grande quantité de liquide a été versée. Ainsi, la dose ingérée ne serait pas compatible avec un geste accidentel de la puéricultrice.
Une femme «impulsive»
Les débats se sont attardés sur la personnalité de Myriam Jaouen au cours du procès, qui est jugée comme étant une femme «immature» et «tendant à l’affabulation», même à la «mythomanie». Son ex-compagnon, toujours selon le Figaro, affirme qu’elle serait «impulsive».
Elle possédait, jusque-là, un casier judiciaire vierge, et n’avait jamais été vue comme maltraitante par ses collègues de travail.
Le père de la fillette avait néanmoins évoqué des traces de morsures inexpliquées sur le corps du bébé, ainsi que des bleus. Ces traces avaient été également relevées dans le rapport d’autopsie de Lisa.