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Protoxyde d'Azote : jugée pour un trafic qui lui a rapporté 300.000 euros, la gérante d'une épicerie de Roubaix fixée sur son sort ce jeudi

Lors de sa garde à vue, la gérante a reconnu le fonctionnement du dispositif de vente de protoxyde d’azote. [LOIC VENANCE / AFP]

Suspectée d'avoir vendu illégalement du protoxyde d'azote dans son épicerie de nuit à Roubaix en 2025, une jeune femme de 25 ans doit comparaître ce jeudi 28 mai devant le tribunal correctionnel de Lille. 

Un business qui pourrait lui coûter cher. Arrêtée en décembre 2025, la gérante d'une épicerie de nuit de Roubaix va être jugée ce jeudi 28 mai devant le tribunal correctionnel de Lille (Nord) pour avoir vendu illégalement du protoxyde d'azote. Cette dernière, âgée de 25 ans, avait été interpellée et mis en examen pour un trafic lié au protoxyde d’azote et travail dissimulé, rapportait Lille Actu fin décembre.

L'arrestation de la mise en cause intervenait après plus de deux mois d'enquête, ouverte à la suite de signalements de riverains se plaignant de troubles récurrents à l’ordre public imputés à l’enseigne, à toute heure, sur le parking attenant. 

«Les investigations, comprenant de nombreuses surveillances physiques et l’exploitation de dispositifs de vidéoprotection, ont permis de mettre en évidence un mode opératoire récurrent», avait expliqué le procureur de Lille Samuel Finielz après l'arrestation de la suspecte. 

«Les clients entraient en contact à l’intérieur du commerce, regagnaient ensuite leur véhicule, puis une personne provenant des parties communes ou d’un appartement situé à proximité venait discrètement remettre un objet volumineux emballé, sans échange d’argent apparent sur le parking. Il a également été constaté que plusieurs clients consommaient immédiatement le produit par inhalation», avait-il ajouté. 

la suspecte a avoué 

Au cours de leur enquête, les inspecteurs avaient noté environ 982 livraisons de cartons susceptibles de contenir du protoxyde d'azote destiné à la revente entre le 26 octobre et le 5 décembre 2025.

L’analyse des comptes bancaires de la société et de sa dirigeante avait révélé un chiffre d’affaires d’environ 300.000 euros sur une période de 10 mois confirmant «l’existence d’une activité économique réelle non déclarée auprès des organismes sociaux, caractérisant le travail dissimulé par dissimulation d’activité».

Lors d'une perquisition au domicile de la suspecte et dans le commerce, les enquêteurs ont découvert 214 bonbonnes de protoxyde d'azote de 1 litre, 18 bouteilles de 3 litres, deux cartons contenant 5.000 ballons de baudruche et des extracteurs de gaz. 

Lors de sa garde à vue, la gérante avait reconnu le fonctionnement du dispositif de vente de protoxyde d’azote, ainsi qu’une part de chiffre d’affaires issue de cette activité. Elle avait également admis les faits de travail dissimulé.

Ces dernières années, le protoxyde d'azote est devenu un véritable enjeu de santé publique, notamment pour son importante consommation chez les jeunes. Pour lutter contre sa diffusion, le gouvernement a notamment mis en place une campagne de prévention

Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a même inscrit la lutte contre le fléau du protoxyde d'azote dans son projet de loi visant à apporter des «réponses immédiates aux phénomènes troublant l’ordre public, la sécurité et la tranquillité», dit «Ripost», adopté majoritairement au Sénat ce mardi 26 mai. 

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