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Espagne : malgré l’opposition de son père, une jeune femme paraplégique de 25 ans est euthanasiée

Après près de deux ans de bataille judiciaire, Noelia, une jeune Espagnole paraplégique de 25 ans a été euthanasiée ce jeudi 26 mars. La Cour européenne des droits de l’homme avait rejeté plus tôt le dernier recours de son père.

La fin d’un combat. La décision de la justice a mis fin à un bras de fer particulièrement intense entre le père et sa fille. Noelia, une jeune femme de 25 ans devenue paraplégique après une tentative de suicide, a obtenu le droit de recourir à l’euthanasie, programmée ce jeudi à 18h. Elle est finalement décédée en début de soirée, dans un hôpital de Sant Pere de Ribes, à 40 kilomètres de Barcelone.

Sa demande a été confirmée après près de deux ans de bataille juridique. Le tribunal supérieur de justice de Catalogne, la Cour suprême et la Cour constitutionnelle, ont tous approuvé la légitimité de sa requête, estimant qu’elle répondait aux critères fixés par la loi sur l’euthanasie adoptée en 2021.

En dernier espoir, son père a formulé un recours devant la Cour européenne, mais le 10 mars, cette dernière a refusé de suspendre la procédure, considérant qu'aucune mesure provisoire ne s'imposait. Après avoir épuisé toutes les actions possibles auprès de la justice de son pays, la Cour européenne des droits de l’homme était son dernier recours possible. 

Un père déterminé

Depuis le début, le père de Noelia s’oppose fermement à sa décision. Soutenu par l’association conservatrice Abogados Cristianos, il estime que sa fille, suivie depuis l’adolescence pour des troubles psychologiques et marquée par des événements traumatiques, n’est pas en mesure de prendre une décision aussi importante.

Il a multiplié les recours pour éviter ce moment. Il a déposé des plaintes contre les professionnels de santé ayant évalué sa fille, dénonçant une possible faute dans le diagnostic rendu.

Mais les sept experts ont tous conclu au même résultat, émettant aucun doute quant à la capacité de décision de Noelia, ajoutant qu’elle a déjà reçu un traitement psychologique et psychiatrique, selon El Mundo. D’après les sources de la Commission de garantie et d'évaluation de Catalogne, son dossier est «plus que validé».

Une vie semée d'embûches

Dans une ultime interview à Antena 3, dans l'émission «Y ahora Sonsoles», sa seule apparition publique, Noelia a exprimé un parcours de vie marqué de souffrances : troubles psychiatriques depuis ses 13 ans, agressions sexuelles, isolement, consommation de drogues, automutilations, plusieurs tentatives de suicide… Elle décrit également des relations familiales extrêmement tendues, notamment avec son père qu’elle accuse ne jamais l’avoir écoutée et soutenue. C'est pourquoi elle ne comprend pas et s'interroge : «quel intérêt a-t-il à ce que je reste en vie ?».

Noelia se disait soulagée après l'annonce de la Cour européenne. «J'ai enfin réussi, je vais enfin pouvoir me reposer», avait déclaré la jeune femme lors de l’interview accordée à la journaliste Bea Osa. Elle disait ne pas se sentir à sa place dans ce monde, qu’elle souhaitait «disparaître». «Je n'ai envie de rien ; ni de manger, ni de sortir, je dors mal, j'ai mal au dos et aux jambes (…) et je veux cesser de souffrir, partir en paix», avait ajouté Noelia.

La jeune femme souhaitait vivre ses derniers instants seule, refusant la présence de ses proches, qui selon elle ne supportaient pas son souhait de fin de vie. Elle a expliqué vouloir «mourir belle et le faire seule».

Une décision qui fait parler

L’affaire suscite de nombreuses réactions en Espagne. Jusqu’au dernier moment, l’association, qui soutenait son père, a maintenu la pression en annonçant sa présence devant l’hôpital à l’heure prévue de l’euthanasie, allant à l’encontre des derniers souhaits de Noelia.

Sur le plan politique et religieux, plusieurs voix se sont élevées contre cette euthanasie. La Conférence épiscopale espagnole déplore sur X une société qui présenterait la mort comme une solution, tandis que des responsables du Parti populaire évoquent un «échec» des institutions.

À l’inverse, d’autres défendent le respect du choix de Noelia, estimant que son cas s’inscrit dans le cadre légal du droit à une fin de vie digne. Jusqu’au bout, la jeune femme aura revendiqué une décision qui lui est propre. Sans vouloir en faire un symbole

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