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Meurtre de Jonathan, 10 ans : l'Allemand Martin Ney fixé sur son sort ce jeudi

Originaire de Brême, Martin Ney avait déjà été condamné en 2012 en Allemagne à la prison à perpétuité pour les meurtres de trois garçons de 13, 8 et 9 ans entre 1992 et 2001. [ZZIIGG / AFP]

Martin Ney, accusé d’avoir enlevé et tué Jonathan Coulom, 10 ans, en avril 2004 à Saint-Brévin-les-Pins, est attendu devant la cour d’assises de Loire-Atlantique ce jeudi 4 juin. Il connaîtra le verdict dans cette affaire vieille de plus de 20 ans.

L’heure du verdict a sonné... Deux décennies après les faits. Après plus de deux semaines d'audience, la cour d’assises de Loire-Atlantique doit rendre sa décision ce jeudi dans le procès de Martin Ney, accusé d’avoir enlevé et tué Jonathan Coulom, 10 ans, en avril 2004. Le corps de l’enfant, disparu lors d’une classe de mer à Saint-Brévin-les-Pins, avait été retrouvé un mois plus tard lesté d’un parpaing dans un étang près de Guérande.

Depuis l’ouverture du procès le mardi 19 mai, la cour d'assises s'est attachée à retracer le parcours de l'Allemand, âgé de 55 ans, avant d’en venir aux faits pour lesquels ce dernier est accusé. Une vingtaine de témoins et d'experts français et allemands se sont succédé à la barre.

Dès les premières semaines de recherches, les autorités allemandes avaient signalé aux enquêteurs français que la disparition de Jonathan rappelait plusieurs enlèvements et meurtres d'enfants attribués à un inconnu surnommé l'«homme en noir» (Schwarzer Mann en allemand).

C’est en 2017 que l’enquête a connu un tournant après le témoignage d'un ancien codétenu de Martin Ney. Celui-ci a affirmé que l’accusé lui aurait avoué avoir tué un enfant en France, s'étonnant de ne pas avoir été identifié par un homme croisé au moment des faits. Des déclarations qui font écho au témoignage d'un agriculteur qui avait affirmé des années plus tôt avoir croisé un soir d'avril 2004 un individu conduisant une berline immatriculée en Allemagne

«Je n'ai pas commis ces faits»

Originaire de Brême (nord-ouest de l'Allemagne), Martin Ney avait déjà été condamné en 2012 en Allemagne à la prison à perpétuité pour les meurtres de trois garçons de 13, 8 et 9 ans entre 1992 et 2001, qu'il a avoués, et pour neuf agressions sexuelles commises après s'être introduit dans des centres hébergeant des enfants.

Mais face aux accusations portées pour le meurtre de Jonathan, Martin Ney a réaffirmé son innocence dès l’ouverture du procès, contestant également sa présence en France aux moments des faits. Pourtant, vendredi dernier, la présidente a fait lecture de plusieurs messages postés dans les années 2000 sur un forum pédocriminel en ligne. En avril 2004, avant la découverte du corps de Jonathan, Martin Ney avait écrit que «l'homme en noir a encore frappé». 

De plus un post datant cette fois-ci de 2008 fait référence à une agression près d'un étang et à des «pierres pour lester». «Comment expliquez-vous la coïncidence ?», a alors demandé la magistrate. 

«Lorsque j'ai écrit ce texte, je n'ai pas pensé aux faits commis sur Jonathan et je n'ai pas commis ces faits», a répondu l’accusé avant d’ajouter : «J'ai dévoilé tout ce que j'avais à dévoiler».

Lors d’un entretien de cinq heures avec les deux psychologues présents au procès, l’ancien éducateur dit avoir pris conscience de sa «responsabilité» après son troisième meurtre et avoir alors réalisé «qu'il ne voulait plus faire cela». Par ailleurs les 163 tomes de procédures de l'affaire Jonathan ne contiennent à l'encontre de Martin Ney ni preuves matérielles, ni ADN.

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