Interrogé ce jeudi 16 avril sur la DZ Mafia, réseau criminel de trafic de drogue originaire de Marseille, le patron de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), Christian Sainte, a chiffré entre six et huit le nombre de personnes à la tête de l’organisation.
Une organisation tentaculaire. Le patron de la direction nationale de la police judiciaire (DNPJ), Christian Sainte, a chiffré ce jeudi sur RTL entre six et huit le nombre de personnes à la tête de la DZ Mafia, le réseau criminel de narcotrafic originaire de Marseille.
Christian Sainte a affirmé que la DZ Mafia était «localisée sur plus d'une dizaine de départements», selon les éléments collectés par la police, à savoir leur présence sur des points de deal ou l'établissement de son implication dans «l'exécution de contrats».
Comme on lui demandait ce que représentait la DZ Mafia, le patron de la PJ a expliqué qu'il y avait «un renouvellement générationnel permanent». «En deux ans, on est à plus de 900 personnes interpellées et 550 personnes écrouées. Ce qui donne une image de ce que ça représente», a-t-il dit.
«Il y a toujours un phénomène de recrutement (...) qui permet de réabonder en soldats, entre guillemets, ces organisations criminelles. Il y a d'un côté les têtes, de l'autre les soldats», a-t-il détaillé.
Des chefs en liberté et sous les verrous
Il a chiffré à «six têtes, huit têtes» les responsables de la DZ Mafia. «Certains sont incarcérés (...), d'autres sont toujours en liberté, voire même à l'étranger. (…) Nous les connaissons, nous les avons identifiés», a expliqué Christian Sainte.
Quant aux «soldats», Christian Sainte les a évalués «à plusieurs centaines» qui «travaillent à la commande par le biais de réseaux sociaux, par le biais de boucles criminelles qui recrutent à la tâche des malfaiteurs qui sont chargés de mettre à exécution les instructions».
Cela va de la «commandite de meurtre» à «celui qui va voler une voiture, à celui qui va tirer, celui qui va faire de la surveillance, celui qui va brûler le véhicule qui a servi», a-t-il détaillé.
La rémunération de ces petites mains est variable, mais «ce n'est jamais très élevé», selon le patron de la DNPJ. «Ça peut être 2.000 euros pour un règlement de comptes (...), ça peut être 5.000 euros, c'est à la commande».
Christian Sainte a indiqué que, l'an dernier, «2 milliards d'avoirs criminels avaient été confisqués», en soulignant que le narcotrafic représentait en fait «7 à 10 milliards d'euros» de chiffre d'affaires. Cela permet, a-t-il dit, de corrompre un certain nombre de personnes, que cela soit «dans l'administration ou le privé».