Soupçonné d’avoir dirigé un groupe sectaire et d’avoir violé et agressé sexuellement une plaignante lorsqu'elle avait entre 17 et 20 ans, le maire d’une commune des Côtes-d’Armor a été mis en examen et placé en détention provisoire, a fait savoir le parquet de Toulon ce lundi.
Une affaire extrêmement grave. Le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland, a indiqué ce lundi 4 mai que le maire d'une commune des Côtes-d'Armor, soupçonné d'avoir dirigé un groupe sectaire, a été mis en examen, samedi 2 mai, des chefs «d’abus de faiblesse par le dirigeant "d'un groupement poursuivant des activités créant, maintenant, ou exploitant la sujétion psychologique des participants" à l'encontre de six jeunes femmes entre 2017 et 2026, menaces de mort à l'encontre d'une d’elles, chantage à l'encontre de deux d'entre elles, ainsi que de viols et agressions sexuelles au préjudice de l'une des plaignantes entre 2022 et 2025, alors qu'elle avait entre 17 et 20 ans».
A l'issue de sa mise en examen, l'homme, âgé de moins de 30 ans, a été placé en détention provisoire par le juge des libertés et de la détention.
Dans un premier communiqué diffusé ce jeudi 30 avril, le procureur de Toulon, Raphaël Balland, avait fait savoir que laffaire a vu le jour en octobre 2022 lorsqu'une étudiante de 21 ans a déposé plainte dans le département de la Mayenne contre un individu âgé alors de 24 ans. Dans sa plainte, la victime affirmait que le mis en examen «la menaçait de mort si elle quittait le groupe de discussions qu'il avait créé sur un réseau social se présentant comme spécialisé dans la rencontre de personnes à haut potentiel intellectuel», selon le magistrat.
La jeune femme expliquait alors que cet homme, résidant alors dans le secteur d'Hyères, «dirigeait ce groupe de discussions structuré par une organisation hiérarchisée et soumise à des règles strictes d'appartenance, fondée sur une charte distinguant deux types de personnes, "les fonctionnelles" et "les dysfonctionnelles"».
Le groupe étant adepte de spiritualité et de philosophie, le mis en cause promettait aux membres d'atteindre le «cinquième palier d'instruction ultime» s'ils suivaient son enseignement. Il aurait alors exigé de «certaines femmes une "dévotion totale", en le reconnaissant comme "l'absolu" et "le divin"».
Six victimes identifiées
A la suite de cette plainte, une procédure a été engagée et le parquet de Toulon a été saisi compte tenu de ses compétences. Les investigations ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie nationale de Marseille, notamment pour «menaces de mort» et «abus de faiblesse par le dirigeant "d'un groupement poursuivant des activités créant, maintenant, ou exploitant la sujétion psychologique des participants"». Comme l'indiquait le procureur de la République Raphaël Balland, il s'agit de la «définition juridique d'un groupe à caractère sectaire».
Les investigations ont mené à l'ouverture d'une information judiciaire en décembre 2025 et ont permis d'identifier au total six jeunes femmes résidants dans plusieurs endroits de l'Hexagone. Celles-ci sont «susceptibles d'avoir été victimes du même homme, dont l'une était âgée de 17 ans à l'époque des faits».
Parmi ces six femmes, deux d'entre elles ont refusé de porter plainte. D'après le magistrat, elles estimaient «n'avoir été victime d'aucune infraction». «Outre un contrôle très intrusif dans la vie personnelle et intime de ces jeunes femmes, des contributions financières auraient été mises en place, allant de quelques centaines d'euros pour certaines et à près de 30.000 euros déboursés pour l'une d'elles», a également souligné le magistrat dans son communiqué du 30 avril.
Plus encore, l'une des victimes a indiqué avoir subi des violences psychologiques et des actes sexuels sous contrainte. Lors de sa garde à vue, l'édile a contesté «que son comportement puisse être pénalement répréhensible».
De ce fait, et après le placement en détention provisoire du maire, «les investigations qui prendront encore plusieurs mois se poursuivent sous l'autorité du magistrat instructeur, au cours desquelles le mis en examen bénéficie toujours de la présomption d'innocence», a conclu le magistrat dans son communiqué de ce lundi.