Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi à quatre mois de prison avec sursis une étudiante de la Sorbonne, accusée d'antisémitisme après avoir exclu plusieurs camarades d'un groupe Instagram pour leur «supposé sionisme» ou appartenance religieuse.
Un acte jugé antisémite. Une étudiante de 18 ans a été condamnée vendredi à quatre mois de prison avec sursis pour «harcèlement scolaire, aggravé par un motif discriminatoire tenant à l'appartenance de la victime à la religion juive, à l'égard de l'une des trois étudiantes exclues» et relaxée à l'égard des deux autres. Elle était accusée d'avoir exclu des étudiantes d’un groupe Instagram pour leur «supposé sionisme» et leur «supposée appartenance religieuse».
Le 15 septembre 2025, la prévenue, inscrite en première année de licence d'économie, avait exclu trois étudiantes d'un groupe de discussion dédié aux échanges d'informations entre étudiants de cette promotion, groupe qu'elle avait elle-même créé quelques jours plus tôt. «S'il y a d'autres sionistes dans ce groupe en plus de ceux que j'ai déjà "tej" (jeter, nldr), vous pouvez d'ores et déjà le quitter, on veut pas de vous ici. Pareil pour les racistes de manière générale», avait-elle écrit sur Instagram.
Exclue temporairement de l'université, elle avait été réintégrée par une commission disciplinaire en novembre. Lors de son audience en février, elle avait expliqué avoir exclu l'une des membres au motif que celle-ci suivait des «comptes militaires pro‑israéliens», affirmant avoir voulu préserver la sérénité des échanges au sein du groupe. Constatant ensuite que cette personne avait été réintégrée par un membre qui en avait ajouté une autre, elle avait alors décidé de les supprimer toutes les trois.
un stage au Mémorial de la Shoah
Le tribunal a estimé que son usage du terme «sioniste plutôt que juif traduisait sa volonté de minorer sa responsabilité», alors que ses propos renvoyaient à «la judéité supposée de l'étudiante». La jeune femme a également été condamnée à une amende de 800 euros et devra effectuer un stage au Mémorial de la Shoah. Elle a aussi été condamnée à indemniser l'étudiante exclue à deux reprises, l'université ainsi que la Licra. Le parquet avait requis 10 mois de prison avec sursis.
L'association CHAR (Contre la haine, l'antisémitisme, le racisme) et l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), parties civiles, ont en revanche été déclarées irrecevables. «L'antisémitisme est un délit et la justice le traite comme tel !», a de son côté salué sur X le ministre de l'Enseignement supérieur Philippe Baptiste.