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Narcotrafic : un réseau de blanchiment d'argent entre la France, la Belgique et la Mauritanie démantelé

Quinze personnes ont été interpellées. [DENIS CHARLET / AFP]

Opérant entre la France, la Belgique et la Mauritanie, un réseau de blanchiment d'argent issu du narcotrafic a été démantelé début juin, a annoncé ce vendredi 12 juin la police française. Près de 8 millions d'euros d'avoirs ont été saisis.

Une prise de taille. Un réseau de blanchiment d'argent issu du trafic de drogue opérant entre la France, la Belgique et la Mauritanie a été démantelé début juin, a indiqué ce vendredi la police française.

«Quinze personnes ont été interpellées, 50 kg de cocaïne et 8 millions d'euros ont été saisis», a écrit la police nationale sur le compte X de son antenne en Gironde.

L'enquête a été ouverte en 2025 après des rendez-vous de trafiquants girondins en gare de Bordeaux avec des collecteurs de nationalité mauritanienne, a appris l'AFP de source policière.

Ces derniers, sillonnant quotidiennement en train les grandes villes françaises munis de justificatifs de déclaration d'espèces en douane, sous couvert de prétendus achats de véhicules, récoltaient plusieurs dizaines de milliers d'euros et convergeaient vers la Belgique, notamment les quartiers bruxellois de Molenbeek et d'Anderlecht, a précisé cette source. L'un d'eux a reconnu être payé 400 euros par trajet.

24 millions d’euros en huit mois

Depuis 2019, des déclarations de capitaux à l'entrée sur le territoire français émises par 14 ressortissants mauritaniens ont atteint au moins 7,5 millions d'euros, selon un chiffrage amené à évoluer au fil de l'enquête.

L'argent récolté au fil des collectes est estimé à 24 millions d'euros en huit mois, selon les investigations menées notamment par les policiers de l'Office anti-stupéfiants (Ofast), de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière (OCRGDF) et de la BRI, les douaniers de l'Office national antifraude (Onaf), ainsi que la police judiciaire fédérale de Bruxelles.

Cette dernière a identifié une société d'achat et de revente de véhicules établie à Bruxelles comme destinataire présumée des fonds, avec plusieurs garages écrans. Une somme de 7,9 millions d'euros, correspondant en grande partie à des versements en liquide, a été saisie sur ses comptes bancaires.

Un coup de filet, mené les 5 et 6 juin en gare de Massy (Essonne), à l'Haÿ-les-Roses et Alfortville (Val-de-Marne), ou encore à Bruxelles, a permis de saisir 500.000 euros en espèces et des stupéfiants.

En France, deux collecteurs, qui ont reconnu les faits, ont été présentés ce mardi à un juge de la Jirs-Junalco de Paris, puis mis en examen et écroués. 

En Belgique, cinq mis en cause ont été inculpés, quatre d'entre eux étant libérés sous caution et un mandat d'arrêt émis pour le cinquième. Un mandat d'arrêt devait aussi être délivré concernant un donneur d'ordres présumé susceptible de se trouver en Mauritanie.

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