La légende du roi Henry, par Pierre Ménès

Pierre Ménès. [A MEUNIER / ICON SPORT / POUR DIRECTMATIN]

L’ours est rentré dans sa tanière. «L’ours», c’est le surnom que me donnait Thierry Henry, avant de m’appeler «l’ancien» ces dernières années.
On ne rajeunit pas. Et Titi non plus.

 

A 37 ans passés, il a peut-être mis fin à sa carrière de footballeur, en se faisant éliminer de la finale de Conférence Est avec les New York Red Bulls par New England (1-2 à l’aller, 2-2 au retour).Je dis peut-être parce qu’avec Henry, on ne sait jamais. Il a un tel amour, une telle rage pour le jeu que tout reste possible.

Thierry Henry va rentrer dans sa maison à Arsenal,et dans deux mois on apprendra qu’il s’entraîne, officiellement, pour garder la forme. Mais si Arsène Wenger voit en lui un joker, du type Didier Drogba à Chelsea, on le reverra sûrement avec le maillot rouge et blanc des Gunners. Et plus sûrement dans le staff, puis candidat à la succession d’Arsène. Un jour.

En attendant, il y a une possibilité réelle pour qu’Henry ne rejoue pas. Du coup, on a ressorti la boîte à souvenirs, les vieilleries et les polémiques, la principale étant le désamour qui semble frapper Thierry Henry en France. Discussion de médias parisiens plus qu’autre chose. Il suffisait d’aller voir les Bleus jouer en province pour voir la popularité dont jouissait «Titi».
 

Des rapports tumultueux avec la France

Mais, vous comprenez, il ne souriait pas quand il marquait un but. Notez, j’en connais aujourd’hui qui font encore plus la gueule que lui et qui en plus ne marquent pas. L’autre sujet concernait un éventuel dernier match d’adieu avec l’équipe de France contre le Brésil au mois de mars.

Une idée qui, selon moi, n’enchante guère un Didier Deschamps très concentré sur l’Euro 2016 et qui n’a pas envie de voir un match de cette importance «pollué» par un événement extérieur, aussi sympathique et prestigieux soit-il.

Maintenant, la Fédération française de football pourrait aussi avoir la bonne idée d’organiser un match de prestige pour le meilleur buteur de l’histoire des Bleus (51 buts), ce qui n’a pas été fait pour Zinedine Zidane et tous les autres. Autant dire que ça ne sent pas l’enthousiasme.
On ne sait quel rapport entretient réellement Thierry Henry avec la France. On sait qu’il l’a quittée peiné et humilié après la Coupe du monde 2010 en Afrique du Sud.

Il avait déjà été sidéré de la violence du procès qui lui avait été fait après sa main contre l’Irlande en match de barrages. Avec ce sentiment d’avoir tant donné et si peu reçu. Depuis Knysna, Henry se tait, donnant de très rares interviews à la presse française. Quelque chose s’est cassé. Il ne pardonnera pas.

Pourtant, Henry a tout gagné en club et en sélection. Recordman de buts en équipe de France, recordman français de buts en Ligue des champions, élu joueur du siècle à Arsenal… Et certains ont encore le culot de remettre en cause sa carrière. Henry est un personnage complexe. Têtu, borné, parfois pénible mais honnête, loyal et professionnel avec un amour sans limite pour son sport.

A la retraite ou pas, il va continuer à vivre longtemps de cet amour. Celui du football et celui des Gunners. Et même le vieil ours quitte sa grotte lorsqu’il a faim.

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