Quel Chelsea sans Mourinho ?, par Pierre Ménès

Pierre Ménès, chroniqueur de Direct Matin.[MERIADECK POUR DIRECT MATIN]

Le PSG craignait Barcelone et le Bayern Munich. Il a hérité de Chelsea en huitièmes de finale de la Ligue des champions. Pour changer. Au même moment la saison dernière, ce tirage ressemblait à l’Himalaya. Là, c’est tout juste le ballon d’Alsace.

Et pourtant, le club de la capitale s’était qualifié à Stamford Bridge à l’issue d’un match homérique. Le Chelsea injouable de la première partie de saison commençait sa chute. Insuffisante pour la priver du titre de champion d’Angleterre, mais déjà annonciatrice de problèmes et de dissensions internes persistants.

Depuis le début de saison, l’équipe londonienne vit en effet un véritable cauchemar en Premier League, déjà vaincue à neuf reprises et flirtant dangereusement avec la zone de relégation. Une situation critique qui a été fatale, hier, à José Mourinho, démis de ses fonctions par Roman Abramovitch. Pourtant, l’équipe n’a pas changé. Toutes les stars sont là. Comme d’autres clubs, Chelsea est une Porsche. Sauf que Mourinho l’a envoyée dans le mur. Et lui avec.

Eden Hazard n’a pas marqué un but cette saison. Diego Costa mettait des buts et des coups. Il se concentre désormais uniquement sur sa seconde spécialité. Cesc Fabregas traîne sa peine. Nemanja Matic est à la rue. Il n’y a que Willian, impeccable et formidable tireur de coup-francs, qui surnage.

Pas une bonne nouvelle pour le PSG

Et pendant ce temps, José Mourinho n’a cessé d’attaquer ses joueurs. En les nommant directement. Le point de non-retour avait été largement dépassé avec bon nombre de ses cadres, Hazard en tête. Plus grave, au sein même du staff technique, le divorce était également consommé entre ses adjoints non-portugais.

Le départ d’Eva Carneiro, ravissante et très appréciée médecin des Blues en Angleterre, avait également fait un tort considérable à la réputation de Mourinho, dont le côté mégalo et despotique n’est plus à prouver. On se souvient qu’il avait déjà quitté le Real Madrid en étant en conflit ouvert avec Iker Casillas et Sergio Ramos, au bord du clash public avec Cristiano Ronaldo. Le technicien portugais n’a finalement rien retenu de cette période.

On peut alors se demander pourquoi Abramovitch a mis si longtemps à s’en séparer. La raison est double. En plus de jouir d’une immense cote de popularité auprès des fans du club, Mourinho aurait pu coûter plus de 50 millions d’euros en indemnités de licenciement.  Mais le «Special One» aurait fait preuve d’allégeance dans cette histoire.

Du coup, avec tous ces événements, on pourrait se dire que le match semble être du gâteau pour le PSG. Si la double confrontation avait lieu dans deux semaines, la réponse serait certainement oui. Mais il va falloir attendre deux mois pour que les deux clubs se retrouvent. Deux mois, c’est très long. Et le départ de Mourinho va remettre tous les compteurs à zéro et agir comme une délivrance sur l’effectif des Blues. Ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour Paris.

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