Un cimetière musulman profané près de Nice

Un cimetière[AFP/Archives]

Des tombes, notamment celles de harkis, et un mur du carré musulman du cimetière de Carros (Alpes-Maritimes) ont été dégradés par des inscriptions à caractère raciste et politique, a-t-on appris lundi auprès du parquet de Grasse et du maire de cette commune proche de Nice.

Des croix gammées à l'envers ont été retrouvées sur neuf tombes musulmanes et les inscriptions "Arabe dehor" (sic) et "Vive Le Pen" ont été tracées à la bombe rose fluo sur un mur du carré musulman, a précisé à l'AFP le procureur de la République de Grasse, Jean-Michel Cailliau.

"C'est la première fois que ça arrive (dans) notre commune", a réagi le maire (PS) de la commune, Antoine Damiani, disant sa "stupéfaction" et sa "colère". La mairie entend porter plainte et se constituer partie civile, selon lui.

Le secrétaire d'Etat aux Anciens combattants Marc Laffineur s'est rendu sur place dans l'après-midi, qualifiant ces dégradations d'"intolérables" et d'"indignes".

"S'attaquer à la tombe d'anciens combattants, c'est s'attaquer à la France, c'est méconnaître l'histoire des harkis qui ont tant apporté à la France", a-t-il déclaré après s'être recueilli devant les sépultures dégradées, sur lesquelles on pouvait encore déceler des traces de peinture, sommairement nettoyées.

"Je n'en ai pas dormi de la nuit", a témoigné Georges Messaoud, fils de harki dont la tombe a été dégradée. "Mon père aimait la France. Après son décès l'an dernier, cette profanation, c'est une souffrance supplémentaire", a ajouté M. Messaoud, qui préside l'association des harkis de Carros et leurs amis.

"Nous ne voulons pas que la haine soit attisée et je note le comportement digne des communautés: responsables des harkis et des Français musulmans ont appelé au calme", a souligné le maire de cette commune industrielle de quelque 11.000 habitants qui ne connaît pas de tensions particulières, selon lui.

Au premier tour de l'élection présidentielle, la candidate du FN, Marine Le Pen, est arrivée en tête du scrutin dans cette commune socialiste avec 27,12% des voix, devant ceux de l'UMP (26,97%) et du PS (22,27%).

Eric Ciotti, député UMP des Alpes-Maritimes, qui s'est rendu sur place en compagnie de M. Laffineur, a qualifié ces actes de "révoltants", estimant cependant qu'ils n'étaient "pas rattachables au contexte politique" actuel.

Des élus communistes locaux ont aussi fait part dans un communiqué de leur "indignation compatissante", estimant que "les morts aspirent à la paix et ne doivent pas être objet de conflits d'ordre politique".

L'enquête pour "violation de sépultures avec la circonstance aggravante qu'une communauté est visée en raison de son origine ethnique et de sa religion" a été confiée à la gendarmerie de Carros. Le ou les auteurs des faits encourent cinq ans d'emprisonnement et 75.000 euros d'amende.

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