Le site de Charlie Hebdo inaccessible, le web s'enflamme

Charb, directeur de Charlie Hebdo, avec un exemplaire publiant des caricatures de Mahomet, le 19 septembre 2012 à Paris [Fred Dufour / AFP] Charb, directeur de Charlie Hebdo, avec un exemplaire publiant des caricatures de Mahomet, le 19 septembre 2012 à Paris [Fred Dufour / AFP]

Piraté, le site internet de était inaccessible mercredi en fin d'après-midi et sa page Facebook était submergée de commentaires, positifs ou négatifs, sur les caricatures du prophète Mahomet publiées par l'hebdomadaire satirique.

"Le site est bloqué car il a été piraté. Apparemment, c'est une attaque encore plus massive qu'en 2011" quand Charlie Hebdo avait déjà publié des caricatures du prophète, a déclaré à des journalistes le directeur de l'hebdomadaire, le dessinateur Charb.

En novembre 2011, après la publication d'un numéro spécial baptisé "Charia Hebdo" avec Mahomet comme "rédacteur en chef", les locaux du journal satirique avaient été incendiés et le site internet piraté.

Dans ce contexte, l'hebdomadaire, qui a remis en service un blog créé lors du précédent piratage, remercie les internautes de leurs messages de soutien: "Merci d'avoir compris, qu'aujourd'hui comme hier, faire notre boulot de commenter l'actu en dessins n'est pas de la "provocation", de "l'huile sur le feu", "une récidive", mais simplement... "faire Charlie Hebdo".

Selon la société belge BlueVision qui héberge le site, celui-ci n'a pas été piraté mais est victime d'une surcharge de requêtes visant à le bloquer.

Si les partisans de Charlie Hebdo étaient bien présents sur le web, ses détracteurs aussi. Sur Facebook comme sur Twitter, des milliers de messages étaient publiés depuis mercredi matin évoquant ces nouvelles caricatures, parfois avec des propos très violents.

La page Facebook de l'hebdomadaire mise en ligne mardi soir avec la une du journal comptait à 14H00 3.200 messages contre 940 six heures plus tôt.

D'ordinaire, cette page est loin d'être prise d'assaut puisqu'elle compte 63.000 "amis", environ autant que d'exemplaires vendus en moyenne chaque semaine (60.000).

Beaucoup de commentaires mettaient en avant la liberté d'expression: "Je déteste Charlie Hebdo mais je milite pour leur liberté d'expression. C'est ça la République démocratique", estimait un internaute sur Twitter.

"Liberté d'être con!"

"J'aime Charlie Hebdo quand il se moque du pape ou de l'islam. Parce que la critique des religions est indispensable à la démocratie", commentait un autre.

Mais pour certains, "la liberté de la presse a bon dos pour faire vendre du papier". "Il y avait la liberté d'expression, là, Charlie Hebdo, vous venez d'inventer la liberté d'être con!" estime un autre twitto.

"Je me demande ce que cherchent à faire les journalistes de Charlie Hebdo. D'autres blessés? En tout cas, en tant que musulman, je le suis", commente un jeune de Strasbourg.

Et certains étaient encore plus virulents: "Provocateurs, cyniques et bêtes surtout. Les salafistes et Charlie hebdo étaient faits pour s'entendre", jugeait un adepte de Facebook. "Charlie Hebdo, courageux! Non, au contraire, trop lâches. Bien protégés à Paris, ils exposent les Français à des risques inouïs", déplorait un internaute parisien.

Enfin, comme souvent sur le web, certains adoptaient déjà un ton ironique. "En fait, les locaux de Charlie Hebdo ne leurs plaisent plus, ils veulent déménager sans frais. Ça cramera cette nuit." "Soit Charlie Hebdo veut booster ses ventes, soit il veut toucher l'assurance quand leurs locaux auront brûlé, soit c'est des masos", annonçait un autre.

Depuis sa diffusion la semaine dernière, le film islamophobe "Innocence of Muslims" ("L'innocence des musulmans"), produit aux Etats-Unis par un chrétien d'Egypte, a déclenché des manifestations anti-américaines dans le monde musulman qui ont causé la mort de plus de 30 personnes.

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