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Maires et mariage gay : opération déminage pour Hollande et ses ministres

François et son gouvernement ont tenté mercredi de dissiper le trouble provoqué au sein de la gauche par les propos présidentiels sur "la liberté de conscience" des maires sur le mariage homosexuel, réaffirmant que la loi s'appliquerait "partout", sous l'oeil goguenard de la droite.

La élargissant le mariage aux couples de même sexe "va s'appliquer partout, dans toutes les communes", a promis le chef de l'Etat, interrogé à la mi-journée en marge d'une réunion avec le président italien.

Le projet de loi doit être examiné fin janvier par l'Assemblée nationale, mais ses opposants se sont mobilisés dans la rue le week-dernier, rassemblant quelque 100.000 personnes, tandis que 17.000 maires et adjoints ont signé un appel, "Protégeons l'enfance", pour réclamer le droit de ne pas célébrer d'unions homosexuelles.

Devant le Congrès des maires mardi, François Hollande avait reconnu une "" aux maires". "La loi s'applique pour tous, dans le respect néanmoins de la liberté de conscience", avait-il dit, proposant que les possibilités de délégation d'un maire à ses adjoints soient "élargies".

"Réussir une réforme, ce n'est pas diviser, cliver mais réunir un maximum d'adhésion", avaient justifié ses conseillers.

Les propos présidentiels ont déclenché la colère des écologistes d'EELV, du Parti de gauche (PG) de Jean-Luc Mélenchon et des associations militant pour le mariage homosexuel.

L'association Inter-LGBT (lesbienne, gay, bi et trans) a annoncé que, "scandalisée", elle suspendait "toutes ses relations" avec le gouvernement. Du coup, l'Elysée a annoncé que le président recevrait cette association dans l'après-midi.

Noël Mamère, le 21 novembre 2012 à Paris [Miguel Medina / AFP]a
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Noël Mamère, le 21 novembre 2012 à Paris
 

"Inadmissible", a tempêté EELV, qui a deux ministres au gouvernement. Noël Mamère, député EELV, le premier à avoir célébré symboliquement en 2004 un mariage gay dans sa ville de Bègles, a parlé de "capitulation en rase campagne", qui "signe la victoire idéologique de la droite".

Le PG a demandé à François Hollande de "se reprendre": "Effarant! C'est tout l'édifice républicain qui s'écroulerait" s'il y avait "une application à géométrie variable" de la loi, s'est-il insurgé.

Seul le PS, par la voix de son premier secrétaire Harlem Désir, a assuré qu'il n'y avait pas eu de recul du président, mais simplement "rappel" de la possibilité pour les maires de déléguer la célébration d'un mariage.

Porte-parole du gouvernement, Najat Vallaud-Belkacem a relayé "la détermination pleine et entière" de M. Hollande à tenir son engagement de campagne. Le mariage gay sera assuré "dans chaque commune de France au nom de l'égalité des droits", a insisté la garde des Sceaux Christiane Taubira, qui a présenté le projet de loi au Conseil des ministres du 7 novembre. "Que les progressistes se mobilisent plutôt que de couiner!", a lancé Vincent Peillon (Education).

 
BLOCKED

Le patron de l'UMP Jean-François Copé s'est réjoui d'un "vrai début de recul" chez Hollande, plutôt que d'un "apaisement", alors que le député Jean-Frédéric Poisson a vu une "reconnaissance" par le chef de l'Etat que le mariage peut "poser un problème moral". (UMP).

Déjà, Xavier Bertrand, autre voix forte à l'UMP, a jugé que le chef de l'Etat devait aller plus loin et "renoncer".

Le "collectif des maires pour l'enfance", qui revendique "plus de 17.000 maires et adjoints opposés au mariage et à l'adoption par des couples homosexuels, a réclamé aussi que la réforme soit "retirée".

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