Menacé de révocation de sursis, Rocancourt en appelle à Taubira

Christophe Rocancourt au bras de la top model Naomi Campbell le 21 mai 2008 à Cannes [Valery Hache / AFP/Archives] Christophe Rocancourt au bras de la top model Naomi Campbell le 21 mai 2008 à Cannes [Valery Hache / AFP/Archives]

Christophe Rocancourt, "l'escroc des stars", menacé de la révocation d'une partie de son sursis, en appelle à Christiane Taubira dans une lettre ouverte où il demande à la ministre de la Justice pourquoi on lui "refuse un bracelet électronique".

Christophe Rocancourt a été condamné en février 2012 à 16 mois de prison, dont huit ferme, ainsi qu'à 578.000 euros de dommages et intérêts, pour abus de faiblesse au préjudice de la réalisatrice Catherine Breillat. Il avait effectué deux mois de détention provisoire.

Le 11 septembre, sa juge d'application des peines a ordonné la révocation de quatre mois de sursis, sans aménagement de la partie ferme, estimant qu'il avait violé ses conditions de mise à l'épreuve, notamment l'obligation de travailler, suivre un enseignement ou une formation professionnelle, selon une copie de la décision transmise vendredi à l'AFP par l'éditeur de M. Rocancourt.

La magistrate a estimé "qu'aucun effort crédible n'a été fait" en ce sens et que de surcroit M. Rocancourt "a tenté de berner" la juge en présentant une promesse d'embauche "de complaisance". M. Rocancourt a fait appel -suspensif- de la décision.

Christophe Rocancourt, 46 ans, qui vient de sortir un ouvrage intitulé "Je plaide coupable", en appelle à Mme Taubira dans une lettre ouverte, "à l'heure où vous vous battez pour que les personnes condamnées à de petites peines ne soient pas écrouées", en allusion à la réforme pénale défendue par la ministre.

"Je vais devoir passer douze mois en prison pour un crime: être sans emploi. (...) Moi, primo-délinquant qui n'ai jamais exercé la moindre violence physique sur quiconque, moi qui ai été condamné à moins d'un an ferme, je vais être écroué parce que je suis connu. Combien de temps encore devrai-je payer du fait de mon patronyme?", demande-t-il.

"Pourquoi me refuse-t-on un bracelet électronique alors que vous clamez qu’il est indispensable d’aménager les petites peines? Je suis solidaire de votre combat mais suis sans espoir sur le fonctionnement de notre justice", dit M. Rocancourt.

Il estime par ailleurs que le "vrai motif" de la révocation de son sursis est d'avoir "déplu à un juge parce (qu'il vient) de publier un livre et que ce livre dit la vérité sur ce dossier". Dans son ouvrage, M. Rocancourt affirme avoir "pâti d'une justice partiale".

M. Rocancourt a été jugé pour avoir profité de l'état d'extrême fatigue de la réalisatrice, 65 ans aujourd'hui, après un accident vasculaire cérébral survenu en 2005, pour lui extorquer plus de 700.000 euros.

Il a déjà purgé cinq ans de prison aux Etats-Unis pour avoir escroqué le tout-Hollywood sous divers pseudonymes.

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