La CGT excédée par le PDG de Titan

Le délégué CGT de l'usine Goodyear d'Amiens-Nors, Mickaël Wamen, le 3 juin 2013 à Nanterre [Thomas Samson / AFP/Archives] Le délégué CGT de l'usine Goodyear d'Amiens-Nors, Mickaël Wamen, le 3 juin 2013 à Nanterre [Thomas Samson / AFP/Archives]

La CGT, excédée par les derniers propos du PDG de Titan, Maurice Taylor, qui souhaite redémarrer l'usine Goodyear d'Amiens-Nord avec "zéro employé", a dénoncé samedi un "coup de bluff" et assène qu'elle "ne tombera pas dans le panneau".

"Tout cela est un énorme coup de bluff, le seul but est de faire péter la cocotte, ils savent que les gars ont énormément d'orgueil et surtout qu'ils sont fatigués par les 6 ans de lutte", s'est offusqué Mickaël Wamen, représentant CGT dans l'usine d'Amiens-Nord, dans un communiqué.

"Nous ne tomberons pas dans ce panneau", a-t-il ajouté.

Le PDG du fabricant américain de pneus agricoles Titan International, Maurice Taylor, a dit dans un entretien au Monde que la CGT et Goodyear devaient d'abord "se mettre d'accord sur des indemnités de départ".

"Si tous les salariés les acceptent, le projet d'achat de l'usine démarre avec zéro employé", a-t-il expliqué.

Titan International a fait un retour inattendu en octobre dans les discussions autour de l'usine Amiens-Nord d'Amiens, menacée de fermeture.

Le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg avait annoncé le retour du groupe américain, qui a tenté sans succès à plusieurs reprises de mettre la main sur une partie du site d'Amiens, et serait prêt désormais à reprendre 333 emplois dans l'usine (sur 1.173), dont le maintien serait garanti pendant quatre ans.

"Taylor est piloté par Goodyear à 3000%", a estimé Mickaël Wamen.

"L'objectif est de pousser les mecs à bout, ça explose, l'usine brûle et Goodyear se débarrasse du seul site qui le gêne au monde", a-t-il poursuivi. "Taylor garde son accord avec Goodyear, toutes les licences, et il va fabriquer les pneus a Sao Paulo comme il en rêve depuis des années".

"Goodyear a déjà tout vendu à Titan, Titan n'a jamais voulu de notre usine, l'idéal pour lui est que les mecs la brûlent! Ou détruisent les machines!", s'est indigné M. Wamen.

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