Ebola: un syndicat appelle les navigants d'Air France à refuser des vols

Le syndicat (UGICT-CGT) d'Air France a appelé ses personnels à refuser d'embarquer vers la Guinée, la Sierra Leone et le Nigeria [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives] Le syndicat (UGICT-CGT) d'Air France a appelé ses personnels à refuser d'embarquer vers la Guinée, la Sierra Leone et le Nigeria [Kenzo Tribouillard / AFP/Archives]

Le quatrième syndicat chez les hôtesses et stewards d'Air France (UGICT-CGT) a appelé vendredi ses personnels à refuser d'embarquer vers la Guinée, la Sierra Leone et le Nigeria, estimant qu'ils n'étaient pas suffisamment protégés du risque de contamination par le virus Ebola.

Dans un communiqué, le syndicat enjoint "l'ensemble des PNC (personnels navigants et commerciaux, ndlr) Air France à refuser tout vol à destination de Conakry, Freetown et Lagos".

Ces trois villes ont été classées comme destination à risque par le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail d'Air France (CHSCT), qui a déposé en juillet un avis de "danger grave et imminent".

La compagnie française est l'une des rares à encore assurer des rotations quotidiennes vers Conakry et Lagos et trois fois par semaine vers Freetown.

Les mesures mises en place par Air France sont "totalement inadaptées à la gravité de la situation et aux risques encourus par les hôtesses, stewards et chefs de cabine", estime le syndicat.

La compagnie prévoit notamment "la surveillance de la température des passagers à l'embarquement". Pour cette tâche, un "kit de protection" (masques et gants) est mis à disposition des navigants.

Interrogé par l'AFP, Christophe Paumier, un porte-parole d'Air France a expliqué "tout mettre en œuvre pour garantir la santé et la sécurité de ses clients et de ses personnels sur toutes les escales de son réseau tout en respectant la décision des personnels navigants commerciaux qui ne souhaitent pas effectuer leur mission vers ces destinations".

Il a précisé que les avions effectuant ces liaisons prévoyaient désormais un nombre minimum de cinq PNC, alors que huit les effectuent habituellement.

Selon lui, les mesures pour prévenir toute contamination "ont été prises en concertation avec les autorités sanitaires" et il n'y a "pas de vol annulé".

Un autre syndicat de navigants, non représentatif, le SNGAF, a lancé lundi une pétition demandant "l'arrêt immédiat de la desserte des pays touchés par le virus Ebola".

Selon son représentant Patrick Henry-Haye, elle avait recueilli "entre 1.300 et 1.400 signatures" en fin de semaine. Le syndicat affirme avoir écrit jeudi au Premier ministre "pour lui demander d'intervenir auprès de la direction d'Air France".

"Il y a parmi les navigants beaucoup d'inquiétude et un sentiment d'abandon. Nous avons choisi un métier à risque mais cette situation rajoute un facteur de stress", face au risque de contamination, "on n'est pas formés et nous n'avons pas les moyens de réagir", estime M. Henry-Haye.

L'épidémie Ebola a fait au moins 1.350 morts en Afrique de l'Ouest depuis le début de l'année, essentiellement au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée.

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