Charlie Hebdo : les frères Kouachi localisés dans l'Aisne et armés d'un lance-roquettes

La carte d'identité de Saïd Kouachi.[OFF / AFP]

Pendant le deuil national, la traque continue. Les deux suspects, Saïd et Chérif Kouachi ont été localisés dans l'Aisne, près de Villers-Cotterets.

 

Les deux suspects recherchés pour l'attentat contre Charlie Hebdo ont été de nouveau repérés jeudi à la mi-journée près de Villers-Cotterêts (Aisne), et un déploiement du Raid et du GIGN est actuellement en cours dans cette zone, a-t-on appris de sources policières.

Les unités d'élite de la police et de la gendarmerie nationales "sont positionnées pour vérification d'objectifs dans cette zone, où a été abandonnée la voiture utilisée par les deux suspects, identifiés par un témoin", a expliqué à l'AFP une source policière.

Saïd et Chérif Kouachi avaient été vus une première fois jeudi matin dans l'Aisne, alors qu'ils étaient à bord d'une Clio grise et porteurs d'armes de guerre, a-t-on appris de sources proches du dossier. Les forces de l'ordre se rassemberaient aux alentours de la ville de Vauciennes (Oise), selon Le Courrier Picard.

Le gérant d'une station-essence à proximité de Villers-Cotterêt (Aisne) avait "formellement reconnu les deux hommes soupçonnés d'avoir participé à l'attentat de Charlie Hebdo", avait expliqué une source proche du dossier. "Les deux hommes sont cagoulés, avec kalachnikov et lance-roquettes apparentes", avait confirmé une autre source.

 

Douze personnes, dont les dessinateurs emblématiques Cabu et Wolinksi, ont été tués dans l'attaque à la kalachnikov en plein coeur de Paris contre le journal satirique, objet de menaces constantes depuis la publication de caricatures de Mahomet fin 2011.

L'attentat, qui a également fait onze blessés dont quatre graves, a soulevé une vague d'émotion dans le pays, appelé à se rassembler jeudi en hommage aux victimes à l'occasion d'un deuil national. Une minute de silence sera observée à midi.

 

Précédents

La police a diffusé dans la nuit de mercredi à jeudi les photos de deux suspects, Chérif et Said Kouachi, 32 et 34 ans. Chérif Kouachi avait été condamné en 2008 pour avoir participé à une filière d'envoi de combattants en Irak.

 

Pièce à conviction

Les enquêteurs sont notamment remontés à eux après avoir retrouvé la carte d'identité de Said dans une voiture abandonnée par les fuyards dans le nord-est de Paris.

Mourad Hamyd, 18 ans, le plus jeune des trois hommes visés par un avis de recherche lancé mercredi, s'est lui rendu dans la soirée au commissariat de Charleville-Mézières (Ardennes) et a été placé en garde à vue, a-t-on appris jeudi de sources proches du dossier.

La République agressée

Face au choc "d'un attentat terroriste", François Hollande a annoncé dans une allocution solennelle une "journée de deuil national" jeudi, mesure rarissime en France. Les drapeaux seront en berne pendant trois jours et une minute de silence sera observée à midi dans les services publics et les écoles. Le président de la République y participera à la Préfecture de police de Paris.

"C'est la République toute entière qui a été agressée", a lancé le chef de l'Etat, "la République, c'est la liberté d'expression (...), la culture, la création, le pluralisme".

Sous le choc d'une attaque contre Charlie Hebdo, de nombreux quotidiens se sont couverts de noir jeudi en une. "Nous sommes tous Charlie", clament les quotidiens Libération et Le Figaro, en référence au cri de ralliement des manifestants dans le monde ou sur internet "Je suis Charlie".

 

Les piliers de Charlie

Parmi les victimes figurent Charb, Wolinski, Cabu, Tignous et Honoré, des historiques de "Charlie" connus pour leurs dessins irrévérencieux, ainsi que le chroniqueur Bernard Maris.

L'hebdomadaire faisait l'objet d'une protection policière depuis la publication des caricatures de Mahomet fin 2011. Le siège du journal avait été détruit par un incendie criminel à cette époque.

Selon un survivant de la tuerie, les agresseurs, cagoulés et vêtus de noir, ont fait irruption vers 11H30 en pleine conférence de rédaction, ont ouvert le feu et crié: "Nous avons vengé le prophète!" et "Allah akbar".

 

Echanges de tirs

Deux policiers ont été tués. L'un d'entre eux assurait la protection de Charb, directeur du journal. L'autre, blessé et à terre, a été achevé à bout portant par l'un des assaillants lors de sa fuite.

Des tirs ont été échangés avec les forces de l'ordre. Les assaillants ont ensuite pris la fuite en voiture et braqué un automobiliste avant de semer les policiers.

 

Des fusils contre des stylos

Le plan Vigipirate a été relevé au niveau le plus élevé en Ile-de-France et les sorties scolaires suspendues. Selon l'Intérieur, près de 500 CRS et gendarmes mobiles ont été mobilisés en renfort dans la capitale, ainsi que 350 militaires.

Plus de 100.000 personnes se sont rassemblées mercredi soir dans plusieurs villes de France, notamment Paris, Rennes et Lyon. Des rassemblements ont également eu lieu dans nombre de capitales européennes. Parmi les pancartes, on pouvait voir "Liberté d'expression, non à la connerie", "Balles tragiques à Charlie" ou encore "Des fusils contre des stylos".

 

Réactions dans le monde

Les réactions se sont multipliées dans le monde, de John Kerry, qui s'est exprimé en français, à Vladimir Poutine. Le Conseil de sécurité de l'ONU a dénoncé un attentat "lâche et barbare", le pape François un acte "abominable".

La France est militairement engagée sur plusieurs terrains contre des groupes militaires jihadistes, notamment dans la zone sahélo-saharienne. Des avions français participent aussi aux bombardements en Irak contre le groupe État islamique (EI).

Les services de sécurité français redoutent que des jihadistes partis en Syrie et en Irak, au nombre d'un millier déjà, commettent des attentats à leur retour en France.

 

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