La campagne monte à Paris

Le salon de l'agriculture se tient porte de Versailles, à Paris, jusqu'au 1er mars. [JOEL ROBINE / AFP]

Les acteurs du monde agricole vont pouvoir exposer tout leur savoir-faire jusqu’au 1er mars, alors que le secteur est confronté à la crise. Ce qu'il faut savoir avant de gagner la porte de Versailles.

 

Une véritable arche de Noé à quelques encablures du périphérique. Vaches tachetées, moutons frisés, chevaux de trait, chiens de berger… Comme chaque année à la fin février, tous les animaux de la ferme se sont donné rendez-vous à la Porte de Versailles, à Paris, où s’ouvrira demain le Salon international de l’agriculture. Une grand-messe des terroirs qui va permettre une nouvelle fois aux agriculteurs de se dévoiler aux Français, et de montrer que le secteur reste essentiel, malgré un quotidien difficile.

Jusqu’au 1er mars, les visiteurs vont pouvoir approcher de près un univers souvent méconnu, installé sur près de 40 000 m², soit quatre fois la pelouse du Stade de France. Véritable cathédrale agricole aux portes de la capitale, la plus grande ferme de France n’a donc pas usurpé son surnom, elle qui reste, année après année, la principale vitrine du secteur. "Le salon, comme depuis toujours, est un immense moment de fierté pour nos agriculteurs, une juste reconnaissance", insiste ainsi le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll.

 

Des temps difficiles

Mais la fête, qui se prépare au milieu des bottes de foin, cache pourtant de réelles difficultés. Car, si l’agriculture reste un mastodonte productif (elle couvre 70 % des besoins de l’agro­alimentaire et pesait 160 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2013, premier secteur industriel français), les temps sont durs pour les exploitants. Confrontés à la chute des cours mondiaux, à l’embargo russe et à des charges et réglementations qu’ils jugent excessives, ils ont vu leurs revenus re­culer de 5 % en 2014, à 24 000 euros ­annuels en moyenne, selon les prévisions. L’Etat vient donc d’annoncer plusieurs mesures visant à faciliter leurs démarches administratives.

Reste que l’agriculture française, leader en Europe, est confrontée à un double défi : continuer à nourrir les popu­lations tout en luttant contre le changement climatique, alors qu’elle est responsable d’environ 20 % des gaz à effet de serre dans le pays.

 

Le rendez-vous des politique

Autant de sujets que les projecteurs du salon vont mettre en lumière, alors que la ferme géante sera, comme de coutume, le théâtre d’un show politique permanent. "Tout le monde s’(y) donne rendez-vous", confirme le président de l’événement, Jean-Luc Poulain.

Alors qu’il y avait effectué un marathon de douze heures en 2012, lors de sa campagne, François Hollande sera présent dès demain, à l’ouverture, pour la traite des vaches. Nicolas Sarkozy, un autre habitué, sera sur place mercredi prochain. Sans compter le ­défilé de ministres et de responsables de partis qui se succéderont pour promouvoir, comme Jacques Chirac ­aimait à le faire une bière à la main, les produits du terroir français.

 

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