Crash A320 : les recherches ont repris à l'aube

La chute non expliquée de l'appareil aurait duré au total huit minutes. [BORIS HORVAT / AFP]

La France se trouve sous le choc après le crash de l’appareil de Germanwings, dans une région montagneuse particulièrement difficile d’accès. Le travail d'enquête a repris mercredi matin à l'aube avec l'héliportage d'une trentaine d'hommes.

 

Il était près de 11h, hier, lorsque la France a replongé dans une scène glaçante qu’elle n’avait plus connue depuis une décennie. Celle du Concorde en flammes s’écrasant après son décollage de Roissy, en 2000.

L’accident de l’Airbus A320 de la compagnie Germanwings, survenu près du Vernet, dans les Alpes-de-Haute-Provence, n’a semble-t-il laissé aucune chance à ses 150 passagers, pour la plupart Allemands et Espagnols. Une tragédie qui constitue, si aucun survivant n’est retrouvé, la pire catastrophe aérienne sur le territoire français depuis trente ans.

 

Des recherches en haute altitude

Sur les écrans de télévision, le bal des hélicoptères, car les secours français mobilisés peinent à accéder aux lieux du drame. En cause, la topographie du terrain. L’avion s’est en effet écrasé à 1 500 m d’altitude, au cœur du massif de l’Estrop, et ses débris se sont éparpillés à flanc de montagne sur environ un hectare.

Des centaines de pompiers et gendarmes ont donc tenté toute la journée d’accéder à cette zone inaccessible aux véhicules, pour notamment acheminer des projecteurs permettant de poursuivre les recherches pendant la soirée. Elles reprendront mercredi matin à l'aube avec l'héliportage d'une trentaine d'hommes. Plus bas, dans le village de Seyne-les-Alpes, un PC opérationnel a dans le même temps été établi afin de coordonner l’enquête qui démarre. 

 

Un scénario encore mystérieux

La découverte d’une des boîtes noires de l’avion, hier en fin d’après-midi, pourrait rapidement aider les autorités. Mais les causes du crash restent, pour l’heure, un mystère.

Reliant Barcelone à Düsseldorf, l’appareil passait au-dessus des Alpes lorsqu’il a été déclaré en détresse à 10h30 par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC). Germanwings a, elle, perdu le contact avec son appareil à 10h53 alors qu’il se trouvait à une altitude de 6 000 pieds, soit moins de 2 000 mètres.

Sa chute, non expliquée, aurait duré au total huit minutes. Mais pourquoi un tel décrochage ? Selon la compagnie, le pilote était expérimenté et naviguait depuis plus de dix ans. L’appareil, opérationnel depuis 1991, avait quant à lui subi une révision complète l’été dernier. D’après Lufthansa, maison-mère de Germanwings, la piste de l’accident ne fait guère de doute. Mais le Premier ministre, Manuel Valls, n’écartait hier soir «aucune hypothèse».

 

Merkel, Hollande et Rajoy mercredi sur place

En marge de l’enquête, l’émotion suscitée a dépassé les frontières françaises. La chancelière allemande Angela Merkel, «bouleversée», sera ainsi présente aujourd’hui dans les Alpes au côté de François Hollande, tout comme Mariano Rajoy, le chef du gouvernement espagnol.

Alors qu’un deuil national de trois jours a été décrété en Espagne, ce dernier prendra le relais de Felipe VI, forcé d’annuler hier la visite d’Etat qu’il venait d’entamer en France. Le roi devait s’exprimer cet après-midi devant les députés, qui ont observé hier une minute de silence pour les victimes.

 

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