Agriculteurs : 1 580 tracteurs à l'assaut de Paris

Perturbations très limitées sur les routes, les tracteurs entrent dans Paris.[THOMAS SAMSON / AFP]

Des milliers d'agriculteurs et plus de 1.500 tracteurs ont déferlé sur Paris jeudi pour exprimer le désarroi du monde paysan et réclamer des aides face à la chute constante de leurs revenus. Parmi eux, de nombreux jeunes agriculteurs, venant de régions très touchées par les crises laitière et porcine, rendues particulièrement aiguës cette année par la fin des quotas laitiers et l'embargo russe sur la viande européenne.

 

Sur les tracteurs garés tout autour de la place de la Nation, souvent décorés de drapeaux bretons, les slogans étaient éloquents, à grands renforts de pétards et klaxons: "la mort est dans le pré", "Qui sème la misère récolte la colère", "Nos charges nous tuent", "Convoi de la dernière chance". "On voit que les Parisiens nous approuvent. Partout sur les ponts, ils nous attendaient pour nous saluer ce matin. On se sent soutenus, ça remonte le moral", explique à l'AFP Christian, 49 ans. Cet éleveur de l'Aveyron évoque le taux de suicide dans les campagnes: "Un tous les deux jours, hommes et femmes".

La crise ne touche pas que les éleveurs: "j'ai perdu 40.000 euros sur la récolte cet été. Les variations de la météo on a toujours fait avec, mais maintenant il faut apprendre à encaisser la volatilité du marché", confie Jean-Michel Billault, céréalier dans le Loiret. Vers 13H00, la préfecture de police recensait 1.580 tracteurs et 91 bus sur le cours de Vincennes, et d'autres toujours en chemin. Selon la FNSEA, plus de 1.700 tracteurs étaient en route vers la capitale.

 

Perturbations très limitées

Alors que des embouteillages monstres étaient redoutés, les automobilistes semblaient avoir anticipé en prenant les transports en commun. A 09H30, un cumul de 71 kilomètres de bouchons était constaté en région parisienne, contre plus de 200 habituellement. Malgré quelques blocages ponctuels, la circulation est donc restée assez fluide près de Paris, même si elle pourrait de nouveau être ralentie lorsque les agriculteurs se décideront à lever le camp.

La place de la Nation, où des renforts policiers étaient déployés, a été totalement fermée à la circulation, mais de nombreux badauds assistaient à l'arrivée des tracteurs, devant un grand podium. Le patron de la FNSEA, Xavier Beulin, a dit "espérer pouvoir faire des annonces vers 15H00 devant les troupes à la Nation", après une rencontre avec le Premier ministre. Manuel Valls devait s'exprimer en début d'après-midi depuis Matignon sur les mesures proposées par le gouvernement.

Les axes à éviter en Ile-de-France

 

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