L'État au chevet des agriculteurs

Plus de 1500 tracteurs ont convergé vers la capitale Plus de 1500 tracteurs ont convergé vers la capitale[THOMAS SAMSON / AFP]

Manuel Valls a présenté jeudi 3 septembre des mesures visant à endiguer la crise qui frappe le secteur agricole, actuellement au bord de l’asphyxie.

 

Leur cri de détresse semble avoir été entendu. Le Premier ministre a annoncé jeudi 3 septembre des mesures fortes pour soutenir les agriculteurs, venus en nombre à Paris pour attirer l’attention de l’exécutif sur un secteur exsangue. Juchés sur plus de 1 500 tracteurs, des exploitants de la France entière avaient convergé vers la place de la Nation pour exprimer leur colère, quelques heures avant l’intervention du Premier ministre. Une manifestation d’envergure qui faisait suite à un été de mobilisation continue, marqué par plus de 500 actions coup de poing sur tout le territoire. «Nos charges nous tuent», «La mort est dans le pré»... Sur les banderoles, des phrases-chocs traduisaient l’exaspération de la profession.

 

Un «message d’amour»

Pour faire face à la crise, Manuel Valls a mis sur la table un plan estimé à trois milliards d’euros. Les aides versées par l’État, les collectivités et l’Union européenne seront portées à 350 millions d’euros par an sur trois ans. Grâce à un effet de levier financier, cela devrait aboutir à un milliard par an. «C’est un message d’amour, (...) fort et sincère : vous avez le soutien de la Nation», a-t-il lancé aux manifestants, à l’issue d’une réunion avec les représentants des principaux syndicats agricoles. Le premier ministre a également accordé aux exploitants en difficulté une «année blanche» pour les remboursement des aides bancaires. Condamnant «l’excès de réglementation», que fustigent aussi les éleveurs, Manuel Valls a enfin promis une nouvelle méthode de définition des normes, assurant que la France n’irait plus «au-delà» de celles dictées par Bruxelles.

Saluées par le président de la FNSEA, premier syndicat du secteur, ces mesures n’ont pas convaincues la totalité des agriculteurs. Ils étaient en effet nombreux à déplorer qu’aucune garantie n’ait été obtenu sur les prix.

 

Une crise particulièrement sévère

Pris en étau entre des prix de vente toujours plus faibles et des coûts de production qui augmentent sans cesse, les agriculteurs français sont confrontés depuis plusieurs années à des difficultés économiques sévères. Selon Stéphane Le Foll, entre 22 000 et 25 000 exploitations seraient ainsi menacées de dépôt de bilan. Au cours des derniers mois, des facteurs aggravants sont venus s’ajouter aux difficultés structurelles. La suppression en avril des quotas laitiers, qui régulaient la production européenne depuis trente ans, a notamment contribué à faire chuter les prix.

Un phénomène amplifié par l’embargo imposé par la Russie sur les produits européens. À l’origine limité à la viande de porc, causant une crise majeure de la filière, il a été élargi en août à l’ensemble des produits agroalimentaires. Enfin, une excellente récolte de blé, qui ne s’est pas accompagnée d’une augmentation de la demande a entrainé une dégringolade des prix, plongeant un peu plus les agriculteurs dans le marasme.

 

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