Elections régionales : un scrutin et des enjeux

Les Français vont élire les responsables des treize régions du territoire [© PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Les Français sont appelés aux urnes dimanche. Une élection qui pourrait en dire long avant le lancement de la course à la présidence.

C’est un vote particulier qui attend les Français. Car ils vont devoir élire les responsables de treize régions du territoire, contre vingt-deux auparavant. Mais ils vont aussi, et surtout, faire entendre leur voix moins d’un mois après les attentats.

Dans ce climat pesant, les attaques de Paris vont s’inviter jusque dans l’isoloir, et les enjeux dépasseront la sphère ­locale. D’autant que les Français n’iront plus voter avant la présidentielle de 2017. Les principaux partis ont donc bien saisi l’importance de s’imposer dans les urnes dimanche et le 13 décembre.

La droite pour envisager son retour en force à la tête du pays

Aux précédentes régionales, en 2010, la droite faisait grise mine, n’ayant remporté qu’une seule région, l’Alsace. Mais elle compte bien renverser la tendance. Pour cela, les candidats se sont alliés avec les centristes de l’UDI et du Modem. Une stratégie qui s’annonce payante, puisque les sondeurs prédisent une vague bleue sur tout le pays, malgré la présence du FN.

La droite est ainsi créditée de 28 % des suffrages à l’échelle nationale, selon une étude Elabe, parue jeudi. De bons scores confirmés par un baromètre Ipsos, révélant que la droite serait ainsi en passe de remporter, entre autres, l’Ile-de-France, le Pays de la Loire et l’Auvergne-Rhône-Alpes. Pour gagner, le président des ­Républicains, Nicolas Sarkozy, refuse toute alliance avec ses adversaires, se revendiquant seul «chef de l’opposition».

Le Parti socialiste pour limiter la casse au niveau national

La gauche dirige actuellement la quasi-totalité des régions. Mais elle pourrait perdre gros puisque, depuis 2012, le PS n’a remporté aucune élection. Cette fois encore, les sondages ne sont pas en ­faveur du parti : il est crédité de 23 % des intentions de vote sur l’ensemble du territoire. Mais le PS mise sur trois ­régions pour sauver les meubles : l’Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes, la Bretagne, et le Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées.

Jean-Christophe Cambadélis, le patron du parti, espère que le bond record de popularité de François Hollande poussera les Français à se ranger derrière le gouvernement, permettant au PS de réaliser son objectif, celui «d’être largement au-dessus des 20 %» au premier tour.

Le Front National, pour confirmer sa présence au premier plan

Beaucoup de regards seront tournés ­dimanche vers le parti d’extrême droite. Car le FN, dans sa quête de légimité, a une vraie carte à jouer. Bien placé dans le Nord-Pas-de-Calais, en Paca et en ­Alsace-Champagne-Ardennes, le parti frontiste tient la corde à l’échelle nationale, crédité de 28,5 % des suffrages.

Dans ce contexte post-attentats, Marine Le Pen veut transformer l’essai, et a musclé son discours sécuritaire ces derniers jours. Quitte à s’attirer de nombreuses critiques de ses adversaires.

Europe Ecologie, pour profiter d'une année verte

Comment tirer partie d’une année de lutte contre le réchauffement climatique ? C’est tout l’enjeu des candidats EELV. Le parti a décidé de faire cavalier seul face au PS, et espère mobiliser les électeurs sur les enjeux environnementaux.

Au niveau national, le parti d’Emmanuelle Cosse est crédité de 6,5 % des intentions de vote. Les verts espèrent faire pareil, sinon mieux qu’aux dernières élections régionales de 2010, où ils avaient alors récolté plus de 12 % des suffrages.

La gauche de la gauche, pour continuer à se faire entendre

Le Parti de gauche s’est lui aussi désolidarisé du PS. Dans un grand nombre de régions, il va faire liste commune avec les écologistes.

Crédité sur le plan ­national de 5 % des intentions de vote, le parti espère doubler ce chiffre dimanche soir. Un moyen pour lui de se faire ­entendre dans les négociations avant le deuxième tour.

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