L'hommage des anonymes aux victimes des attentats de Paris

Un homme porte une pancarte à l'occasion du rassemblement en hommage aux victimes des attentats, le 10 janvier 2016 à Paris [THOMAS SAMSON / AFP] Un homme porte une pancarte à l'occasion du rassemblement en hommage aux victimes des attentats, le 10 janvier 2016 à Paris [THOMAS SAMSON / AFP]

"J'ai peur mais je suis là", "tous en terrasse!" : Place de la République, après les hommages officiels, quelques centaines d'anonymes sont venus dimanche à la mémoire des victimes des attentats de Paris.

Aurore, 32 ans, vient presque tous les jours. Gilles, 23 ans, passe par là en vélo. Houria, dont le prénom signifie "liberté" en arabe, vient d'arriver de Tunis avec sa soeur. Sylvie, 60 ans, est venue en voisine: "Je suis originaire du Kazakhstan. Mes parents sont venus ici parce que c'est un pays de civilité, de lumières. J'aime ce pays et je ne veux pas qu'on y touche".

Autour du socle de la statue de la République, fleurs, billets doux, bougies témoignent du renouvellement constant des hommages rendus depuis un an, du soin apporté à cultiver ce "lieu de mémoire qui doit rester un lieu de vie".

Des policiers sur la place de la République, le 10 janvier 2016 à Paris [DOMINIQUE FAGET / AFP]
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Des policiers sur la place de la République, le 10 janvier 2016 à Paris

Gabriel Taran, 52 ans, tient une pancarte qui dit: "J'ai peur mais je suis là". "Il y a un an, beaucoup de pancartes disaient +même pas peur+ mais en fait, non, on a peur. Mais il faut être là, continuer à aller aux terrasses des cafés, au concert. Apprendre à vivre avec, ne renoncer à rien."

D'origine polonaise, ce guichetier à La Poste vit à Paris depuis 26 ans. "Les frères Kouachi (qui ont tué 12 personnes à Charlie Hebdo, NDLR), ils étaient nés ici, ils étaient Français, plus que moi, qui suis Français de choix. Comment un Français peut ne pas s'identifier à une valeur comme la liberté d'expression, une des raisons pour lesquelles j'ai justement choisi la France? Il faut se demander ce qui s'est passé dans leur famille, à l'école, dans leur entourage. On n'a pas assez réfléchi à cela depuis un an."

Une femme porte une tee-shirt sur lequel figurent les prénoms des victimes des attentats de janvier et novembre 2015, le 10 janvier 2016 à Paris [THOMAS SAMSON / AFP]
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Une femme porte une tee-shirt sur lequel figurent les prénoms des victimes des attentats de janvier et novembre 2015, le 10 janvier 2016 à Paris

Le collectif "17 plus jamais", créé après les attentats de janvier 2015 qui ont fait 17 morts, a distribué les paroles de chansons de Calogero "Un jour au mauvais endroit" et de Jean-Louis Aubert "Alter ego", avant d'inviter la foule à chanter. Puis les prénoms des 149 victimes d'attentats en France en 2015 sont énoncés au micro. Les voix se brisent, parfois, les couples s'enlacent.

"Cette place est vraiment devenue la place de la République. Merci", dit Anne-Michèle, fonctionnaire à la retraite.

Quelques centaines d'anonymes sont venus distribuer des "câlins", éclater de rire ou chanter à la mémoire des victimes des attentats de Paris [DOMINIQUE FAGET / AFP]
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Quelques centaines d'anonymes sont venus distribuer des "câlins", éclater de rire ou chanter à la mémoire des victimes des attentats de Paris

Dans la matinée, un hommage officiel avait été rendu sur cette place, avec le dévoilement d'une plaque et une chanson interprétée par Johnny Hallyday, en présence de François Hollande et d'une assistance peu nombreuse mais grave. Cette cérémonie concluait une semaine d'hommages aux victimes des attentats de janvier (17 morts) et novembre (130 morts).

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