La Corse sous tension avant une manifestation en soutien aux supporters du SC Bastia

La police intervient à Corte, en Corse, le 15 février 2016, sur une manifestation en soutien à un supporter du SC Bastia grièvement blessé deux jours plus tôt [Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP/Archives] La police intervient à Corte, en Corse, le 15 février 2016, sur une manifestation en soutien à un supporter du SC Bastia grièvement blessé deux jours plus tôt [Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP/Archives]

La tension était vive vendredi en Corse, où l'université de Corte (Haute-Corse) a été de nouveau bloquée par des étudiants, à la veille d'une manifestation à hauts risques de soutien à un supporter du SC Bastia grièvement blessé dans des heurts avec la police, à Reims, le 13 février.

À l'issue d'une semaine marquée par de violents incidents, dimanche à Bastia, puis lundi et mardi à Corte, les entrées de l'université de Corse Pascal-Paoli ont de nouveau été barricadées par les trois syndicats étudiants nationalistes pour dénoncer la condamnation jeudi d'un manifestant interpellé après les heurts de mardi.

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Rémi Di Caro, 20 ans, a été condamné par la tribunal correctionnel de Bastia à 10 mois de prison, dont cinq ferme, pour "violences en réunion" .

Ce regain de tension survient à la veille d'une manifestation à hauts risques organisée à Bastia en soutien au jeune homme blessé à Reims et aux supporters bastiais interpellés lors de ces incidents du 13 février.

Trois jours de blocage de l'université avaient déjà été organisés pour les mêmes raisons, avant que les facultés ne rouvrent leurs portes jeudi.

Au cours des incidents à Reims, après le match Bastia-Reims, Maxime Beux, 22 ans, a perdu un œil. Il assure avoir été blessé par un tir de flash-ball des forces de l'ordre. Son avocate, Me Cynthia Costa-Sigrist, a évoqué, sur la foi des déclarations du jeune homme, "un guet-apens tendu par les policiers". Selon le parquet de Reims, il se serait blessé en tombant à terre. Une information judiciaire a été ouverte à Reims, et l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie.

"Nous avons eu la bavure policière samedi et la bavure judiciaire ne s'est pas fait attendre", ont dénoncé dans un communiqué les syndicats étudiants, évoquant une "répression acharnée" et "une justice clairement partiale".

Éléments incontrôlés

L'annonce de la condamnation de M. Di Caro avait été suivie jeudi de mouvements de colère et de protestations de ses proches et d'étudiants au palais de justice de Bastia, tandis que l'étudiant était emmené à la maison d'arrêt de Borgo.

Les interpellations de Reims avaient déjà été suivies de trois soirées d'émeutes, dimanche à Bastia, puis lundi et mardi à Corte.

La police intervient à Corte, en Corse, le 15 février 2016, sur une manifestation en soutien à un supporter du SC Bastia grièvement blessé deux jours plus tôt [Pascal POCHARD-CASABIANCA / AFP/Archives]
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La police intervient à Corte, en Corse, le 15 février 2016, sur une manifestation en soutien à un supporter du SC Bastia grièvement blessé deux jours plus tôt

Les appels à l'apaisement du président de l'université, Paul-Marie Romani, et ceux des présidents nationalistes de l'exécutif et de l'assemblée de la Collectivité territoriale de Corse, Gilles Simeoni et Jean-Guy Talamoni, avaient été suivis d'une accalmie mais semblent, depuis, peu suivis d'effets. Avant même la condamnation de M. Di Caro, des incidents avaient eu lieu jeudi autour de deux lycées de Bastia, qui ont été fermés par le rectorat.

Le climat reste très tendu à la veille de la grande manifestation organisée samedi à Bastia par la principale association de supporters du Sporting Club de la ville, Bastia 1905, et soutenue par les dirigeants du club.

Des appels à manifester "dans le calme et la dignité" ont été lancés par Bastia 1905, qui réclame la clarté dans l'enquête sur les blessures infligées à M. Beux, la levée des poursuites visant les supporters qui doivent comparaître le 22 mars à Reims et la démission du ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve et du procureur de Reims Patrice Bélargent.

Des débordements d'éléments incontrôlés sont à craindre, selon les organisateurs.

À la différence des grandes manifestations nationalistes des années 1980-90, strictement encadrées par des organisations politico-militaires, des groupes de jeunes gens très mobiles et déterminés affrontent désormais les forces de l'ordre dans de véritables scènes de guérilla urbaine en fin de défilé.

Le cortège démarrera vers 14H30 du palais de justice pour se rendre à la préfecture de Haute-Corse par le boulevard Paoli, principale artère du centre de Bastia.

Plusieurs centaines de CRS et gendarmes mobiles seront déployés, a-t-on appris auprès des autorités, et le dispositif de sécurité sera renforcé par des policiers venus de Marseille et Nice, notamment des fonctionnaires du renseignement territorial et des brigades anticriminalité.

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