"Le dentiste de l'horreur" devant les juges

Croquis représentant, au premier plan, le "dentiste de l'horreur" Mark Van Nierop, lors de son procès le 24 octobre 2014, à Amsterdam (Pays-Bas). Croquis représentant, au premier plan, le "dentiste de l'horreur" Mark Van Nierop, lors de son procès le 24 octobre 2014, à Amsterdam (Pays-Bas). [ALOYS OOSTERWIJK / ANP / AFP]

Le procès du dentiste soupçonné d'avoir mutilé et escroqué plus d'une centaine de patients s'ouvre ce mardi. 

Le praticien était sans pitié. Surnommé "le dentiste de l'horreur", le Néerlandais Jacobus Marinus Van Nierop – dit Mark – est jugé à partir de mardi par le tribunal correctionnel de Nevers (Nièvre). L'homme de 51 ans est soupçonné d’avoir blessé et arnaqué cent vingt patients de 2008 – année de son installation avec sa femme prothésiste à Château-Chinon – à 2012.

L'arrivée de ce médecin a d'abord été vue comme une aubaine pour les habitants de ce village, désert médical notoire. Belle plaque de cuivre, cabinet moderne. Lui, taillé comme une armoire, a été décrit comme avenant. Toujours disponible, le praticien s'est rapidement créé une clientèle. Nul se doutait que cela signait le début d'un calvaire.

"Trou énorme" dans la bouche, coutures à vif, dents saines arrachées... 

"Il a fait de gros dégâts", a confié anonymement une jeune femme qui a souffert de ses "soins", évoquant "des personnes âgées qui ne peuvent plus parler" depuis leurs opérations. Dents arrachées à cause d'abcès, infections à répétition, dents saines dévitalisées, "trou énorme" laissé dans la bouche, coutures à vif, anesthésies de sept heures, outils cassés oubliés dans les plaies… les victimes de ce boucher dentaire ont été légion. Comme si cela ne suffisait pas, il surfacturait à outrance les soins prodigués - des bridges à 11 000 euros en guise d'exemple. Selon une victime, le dentiste charlatan considérait ses patients "comme des cartes bancaires et des cartes Vitale".

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Dès mars 2011, l’Ordre des chirurgiens-dentistes avait déposé plainte pour pratiques illégales, l'épouse exerçant sans diplôme de prothésiste. S'était ensuivie une série de plaintes de la part de patients. Au total, cent vingt victimes s'étaient signalées auprès d'un "collectif dentaire", mis en place pour organiser la bataille judiciaire. Mis en examen en mai 2013, le "dentiste" avait été suspendu et placé sous contrôle judiciaire pour "violences volontaires ayant entraîné une mutilation permanente", "escroquerie", "faux et usage de faux".

En septembre 2013, il avait fui au Canada pour échapper à la justice. Mais, sous le coup d'un mandat d'arrêt international, il avait finalement été interpellé un an plus tard, alors qu'il tentait de mettre fin à ses jours. Le prévenu avait alors été extradé vers les Pays-Bas, son pays d'origine, où il était poursuivi pour des faits similaires. Sur place, il avait feint la folie pour ne pas être renvoyé en France. En vain. Mark Van Nierop encourt aujourd'hui dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.

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