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Primaire à gauche : le PS s'interroge

Les communistes et les écologistes ont récemment fermé la porte à une participation. [© LIONEL BONAVENTURE / AFP]

Face aux pressions d’une partie de la gauche, le Conseil national du Parti socialiste se réunit samedi pour étudier l’organisation du scrutin.

L’enjeu est grand pour le parti, qui a été en 2011 le premier en France à mettre en place un tel scrutin, ouvert à tous les citoyens. Mais, à moins d’un an de la présidentielle, le temps presse. Si bien que depuis plusieurs mois, un grand nombre de voix à gauche s’élèvent pour que soit confirmée la tenue du vote.

La peur de candidatures multiples

La question de la primaire est défendue depuis longue date par la gauche du PS avec, à sa tête, la députée Karine Berger. «Notre position est très claire et non négociable. Nous voulons un texte qui acte l’organisation de la primaire et qui fixe les dates et les conditions pour être candidats», estime-t-elle.

Une demande soutenue par le chef de file des «frondeurs» Christian Paul, qui commence à s’impatienter. Il exige, lui aussi, que les hautes instances du parti prennent rapidement une «décision irréversible», afin que les fédérations locales puissent d’ores et déjà «réserver des salles» et «agréger des listes électorales», alors que 2017 approche à grands pas.

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Car, pour eux comme pour l’ensemble du parti, l’enjeu est grand : il s’agit en effet de limiter les candidatures multiples à gauche, afin de ne pas reproduire l’écueil de 2002, où Lionel Jospin n’avait pas passé le premier tour de la présidentielle. C’est pourquoi la direction du PS ne veut pas, pour le moment, renoncer à l’organisation d’une primaire élargie à toute la gauche, dont le principe avait été approuvé à l’unanimité par un précédent Conseil national, le 9 avril.

Mais les communistes et les écologistes ont récemment fermé la porte à une participation. De même, Jean-Luc Mélenchon fait cavalier seul, s’étant déjà lancé dans la course à la présidentielle en février. Des indices qui laissent penser que l’organisation d’une primaire de la gauche «a du plomb dans l’aile», selon le directeur général adjoint de l’Ifop, Frédéric Dabi.

Le parti tente de jouer la montre

Les dirigeants du PS ne semblent pas non plus pressés de fixer une date. Si les statuts du parti précisent qu’une primaire doit être organisée au moins un an avant la présidentielle, le tribunal de Paris a jugé cette semaine que leur rédaction était «ambigüe». De même, Jean-Christophe Cambadélis, le numéro 1 du PS, n’a pas exclu de modifier ces statuts au cas ou François Hollande se déclarerait candidat. 

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Car c’est là tout l’enjeu de la question : un grand nombre de ténors socialistes, Martine Aubry en tête, estiment qu’un président de la République n’a pas à «repasser par la case primaire». «La logique de la Ve République, c’est qu’un président se représente à l’issue de son premier mandat», estime Frédéric Dabi. Par conséquent, s’il venait à être candidat, il serait difficile pour François Hollande de postuler à une primaire sans fragiliser son autorité.

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