La vigilance au travail s’impose face à la déferlante du jeu Pokémon Go

Attrapper des Pokémon sur son lieu de travail peut s'avérer risqué. [JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Traquer le Pokémon sur son portable peut être risqué si cela se fait au détriment de son travail. Véritable phénomène de société, ce jeu virtuel s’immisce dans la vie de nombreux grands enfants, quel que soit le lieu.

Force est néanmoins de rappeler que s’adonner à la capture de Pokémon dans un cadre professionnel, est par principe interdit. Le salarié atteint de ‘Pokemon go mania’ ne saurait oublier que la notion même de jeu est incompatible avec la définition du travail effectif donnée par le Code du travail, période pendant laquelle il est censé se trouver à la disposition de son employeur, et se conformer à ses directives sans pouvoir vaquer librement à ses occupations personnelles.

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D’un point de vue strictement légal, le salarié qui dégaine son portable à la moindre alerte n’exécute pas son contrat de travail, et ne justifie donc pas sa rémunération.

Certes, l’employeur n’est pas en mesure de vérifier dans le portable de son salarié son temps de connexion, cette intrusion s’analysant comme une atteinte à sa vie privée, protégée en tout lieu.

L'usage du portable autorisé à titre exceptionnel

Néanmoins, si l’usage de son portable n’est pas interdit en soi sur son lieu de travail, c’est naturellement à titre ponctuel et exceptionnel, notamment pour gérer une situation personnelle ne pouvant attendre. S’il était nécessaire de le rappeler, la capture d’un Pokémon ne répond pas à ces considérations.

La vigilance est d’autant plus de mise si le salarié chasse le Pokemon via le téléphone mis à sa disposition par son entreprise.

Le fait d’utiliser un forfait professionnel à des fins personnelles peut être expressément prohibé par le règlement intérieur et la charte internet que l’entreprise pourrait avoir édicté, et donner lieu, le cas échéant, à sanctions.

De manière générale, et quand bien même il se retrouverait momentanément "sans rien à faire", le salarié ne peut donc s’adonner à un quelconque divertissement au travail.

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Une tolérance accordée selon les situations professionnelles

Face à l’invasion virtuelle mondiale des Pokemon, la seule recommandation reste donc pour tous les accros l’autodiscipline sur son lieu de travail.

Le salarié ne pouvant s’empêcher de s’octroyer 2 à 3 minutes pour une capture risque peu la sanction disciplinaire, à fortiori si cette "pulsion de jeu" n’a aucune incidence sur la qualité de son travail, ou sa productivité.

De même, le salarié qui peut gérer son temps de travail comme il le souhaite ne pourra se voir reprocher une connexion ponctuelle sans incidence sur ses objectifs de travail.

La frénésie de jeu pourrait justifier une sanction

La CNIL rappelle au demeurant, dans ses recommandations relatives à l’utilisation d’internet à des fins personnels au travail, que cette navigation ne doit être faite que dans un délai raisonnable, et à la condition que les sites consultés n’aient aucun contenu contraire à l’ordre public et aux bonnes mœurs.

En revanche, une frénésie de jeu qui empièterait de manière abusive sur son travail, en ce qu’il caractériserait un comportement fautif, pourrait justifier une sanction, pouvant aller jusqu’au licenciement pour faute.

En telle hypothèse, il pourrait s’avérer inutile de contester le fondement de son licenciement, les juges  considérant que des connexions multiples sur des sites privées sont constitutives d’une faute grave justifiant le licenciement.

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