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Calais : levée des barrages après une journée de blocage

Les négociations avec la préfète du Pas-de-Calais ont duré plus de trois heures. [PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Le blocage de l'A16 près de Calais a pris fin lundi à la nuit tombée, routiers, agriculteurs et commerçants se laissant convaincre de lever les barrages dressés pour réclamer le démantèlement rapide du plus grand camp de migrants de France.

Au terme d'une journée qui avait commencé dès 7h, lorsque deux convois s'étaient ébranlés vers Calais depuis Boulogne et Dunkerque, le Collectif des entreprises et commerces du Calaisis a tenu une réunion marathon avec la préfète du Pas-de-Calais Fabienne Buccio, à la sous-préfecture de Calais. Les pourparlers ont duré plus de trois heures.

Malgré la résistance d'une partie des manifestants, l'autoroute a été rendue à la circulation. Selon le président de la fédération régionale du transport routier David Sagnard, la préfète a donné son accord pour un énième renforcement des effectifs de police, après ceux annoncés vendredi dernier sur place par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, soit 200 hommes de plus. La préfecture s'en tenait, elle, à l'annonce ministérielle. "Nous avons obtenu 200 forces de l'ordre supplémentaires", soit deux compagnies supplémentaires, a dit David Sagnard devant les manifestants, qui se déclarent exaspérés de voir les migrants mettre en cause la sécurité autour de Calais en envahissant l'autoroute, freinant du même coup le développement de ce territoire.

A lire aussi : «Jungle» de Calais : hausse du nombre de migrants 

"C'est le salaire de la peur. On se pose chaque matin la question de savoir si notre journée de travail ne va pas être gâchée, si un migrant ne va pas éventrer la bâche du camion", a témoigné Nicolas Lotin, directeur d'une agence de transport à Boulogne-sur-Mer.

David Sagnard a aussi rapporté avoir "eu la confirmation d'un démantèlement rapide de la 'Jungle'". Toutefois, a-t-il admis, "la date n'est pas déterminée car il y a des questions sécuritaires par rapport a ce démantèlement". Autres revendications satisfaites, a-t-il précisé: "une réunion hebdomadaire pour faire un état des lieux" actualisé, et "des procédures d'indemnisation pour toutes les corporations", venant s'ajouter à des mécanismes d'étalement des charges existant depuis mars.

L'A16 complètement bloquée

Au vu de ces résultats, "nous avons pris la décision sage d'interrompre pour aujourd'hui notre mouvement" même si "nous ne sommes pas pleinement satisfaits", a affirmé le leader syndical. "Si demain les engagements ne sont pas tenus (...), on reviendra et ce sera encore different et plus dur", a réagi Sébastien Berrier, gérant d'une société de transport syndiqué a la FNTR.

A la mi-journée, deux cortèges de dizaines de camions rejoints par des agriculteurs en tracteurs avaient fait leur jonction avec une manifestation à pied de quelque 400 personnes pour s'immobiliser au beau milieu de l'autoroute A16, près de la sortie menant au tunnel sous la Manche.

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