Premières indemnisations pour des victimes du «dentiste de l'horreur»

Croquis d'audience fait le 24 octobre 2014 de Mark van Nierop devant un tribunal à Amsterdam [Aloys Oosterwijk / ANP/AFP/Archives]

La commission d'indemnisation des victimes d'infractions (Civi) a accordé mercredi de 5.000 à 40.000 euros à 17 victimes du «dentiste de l'horreur» de la Nièvre, condamné pour avoir mutilé ses patients.

«Ce sont des indemnisations correctes qui permettent aux gens de se sentir réparés», s'est félicité auprès de l'AFP Me Charles Joseph-Oudin, précisant que ces 17 premières victimes ont obtenu 4.000 euros chacune au titre du «préjudice permanent exceptionnel».

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Des plaintes depuis 2011

«Le préjudice permanent exceptionnel a été reconnu pour tous par la Civi qui a considéré la spécificité de ces dossiers car ce n'est pas la même chose d'être victime après un accident et à la suite d'un acte de soin», a souligné l'avocat. Dans dix autres cas, la décision de la Civi de Bourges est attendue le 3 octobre.

Le 26 avril, le tribunal correctionnel de Nevers avait condamné Mark Van Nierop à huit ans d'emprisonnement. 

Ce dentiste néerlandais s'était installé en 2008 à Château-Chinon (Nièvre), désert médical notoire, où il menait grand train. Mais les plaintes de patients s'étaient accumulées dès 2011, ceux-ci dénonçant des soins douloureux et mal réalisés, ainsi que des surfacturations et diverses malversations.

«La Civi les reconnaît comme victimes»

La justice a reconnu que 85 patients avaient subi des violences, dont 45 des mutilations ; 61 personnes ont été considérées comme victimes d'escroquerie, sans compter les organismes sociaux. Le contrat d'assurance du Néerlandais avait été annulé en mars sur décision de justice, celui-ci ayant attesté auprès de son assureur ne pas faire l'objet de poursuites aux Pays-Bas, ce qui était inexact.

Face à l'insolvabilité de M. Van Nierop, Nicole Martin, la présidente du «collectif dentaire», qui réunit une majorité des victimes du dentiste, craignait que les victimes «ne touchent rien» et que «tout soit aux oubliettes» après le procès. «Les victimes peuvent être rassurées, la Civi les reconnaît comme victimes et certaines attendent ces indemnisations pour poursuivre leurs soins car elles sont toujours chez le dentiste», a commenté jeudi Mme Martin en soulignant que «l'objectif» premier de son combat visait à ce que Mark Van Nierop «arrête d'exercer».

Sa peine avait été assortie par le tribunal de Nevers d'une interdiction définitive de pratiquer la profession de dentiste.

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