La tentation de l'abstention

Le centriste, toujours favori, pourrait être mis à mal par l’abstention. [© PHILIPPE HUGUEN / AFP]

Un grand nombre d'électeurs se refuse encore à choisir entre les deux prétendants à l'Elysée, faisant craindre une baisse de la mobilisation.

Un pays dans l’indécision. A cinq jours du second tour de la présidentielle, entre ceux qui ne savent pas encore pour qui voter, et ceux qui ont choisi de ne pas se rendre aux urnes, le spectre de l’abstention plane plus que jamais sur le scrutin de dimanche. 

Alors que la situation est comparable à 2002, le front républicain formé à l’époque pour faire barrage au FN semble, cette année, bien plus friable. Un flou qui pourrait influer sur le résultat final.   

La question de la participation

Depuis le premier tour, les indicateurs de la participation sont au rouge, sachant que le second tour aura lieu lors du pont du 8 mai. En effet, selon une étude de l’Ifop, seuls 72 % des citoyens disent vouloir aller voter dimanche, alors qu’ils ont été plus de 77 % à se déplacer il y a dix jours. Si elle venait à se vérifier, cette situation serait alors inédite, les seconds tours mobilisant d’ordinaire toujours plus.

Un désamour qui s’explique notamment par le refus d’une partie des électeurs de choisir entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Ainsi, sur les réseaux sociaux, certains n’hésitent pas à afficher le hashtag #SansMoiLe7Mai, et des centaines de jeunes ont manifesté contre les deux candidats la semaine dernière, derrière le message «Ni Marine, ni Macron»..

Des doutes qui concernent à la fois la gauche et la droite. En effet, Jean-Luc Mélenchon, fort de ses 19,58 % au premier tour, a refusé de donner une consigne, tout en rejetant le vote pour le FN. La France Insoumise doit d’ailleurs dévoiler aujourd’hui le résultat de la consultation de ses partisans. Mais ils seraient 45 % (OpinionWay) à vouloir opter pour un vote blanc ou l’abstention.

Un constat également observé du côté des fillonistes, 35 % d’entre eux refusant de départager les finalistes. Banalisation du FN oblige, plusieurs élus de droite, tels Laurent Wauquiez, n’ont d’ailleurs pas appelé à voter pour Emmanuel Macron.

Conséquence : si le centriste reste devant (61 %), il pourrait être affaibli. «Statistiquement, Marine Le Pen a peu de chances», analyse Matthieu Chaigne, du site Délits d’Opinion. Mais si la participation tombe à 70 %, cela abaissera le nombre de voix qui lui sont nécessaires, selon le spécialiste.

Cinq jours pour mobiliser

Conscients de l’enjeu de la participation, les deux camps abattent cette semaine leurs dernières cartes. Le FN, fort d’une base solide d’électeurs, cherche à présent à séduire les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon. Sur les réseaux sociaux ou sur le terrain, les frontistes n’hésitent pas à appeler à voter contre Emmanuel Macron, le candidat «de la finance».

Du côté du centriste, qui va recevoir ce mardi le soutien de plusieurs membres du gouvernement, les appels au vote se multiplient. De même, une partie de la droite égrène depuis ce weekend les arguments à l’encontre de Marine Le Pen. Les derniers indécis pourraient bien faire leur choix mercredi soir, à l’issue du débat très attendu entre les deux finalistes. 

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