Emmanuel Macron a remporté l'Elysée haut la main ce dimanche soir. Pour autant, au vu des chiffres de l'abstention et du vote blanc, sa victoire ne lui donne pas un blanc-seing pour diriger. Décryptage de Frédéric Dabi, directeur général adjoint de l'institut de sondage Ifop.
Comment analyser les résultats de ce second tour ?
«C’est une victoire éclatante pour un candidat encore inconnu il y a trois ans. Hormis le second tour de 2002, il s’agit de l’écart le plus élevé de la Ve République. Ceci dit, ce scrutin hors norme, assimilable à un référendum anti-Le Pen, interroge la légitimité électorale d’Emmanuel Macron. L’état de grâce risque d’être fugace, voire absent.»
Pourquoi le niveau d’abstention est-il si élevé ?
«Principalement à cause du refus de choisir entre «Monsieur patron» et «Madame patrie», comme désignés sur les réseaux sociaux. Frustrés, plus d’un tiers des électeurs de Jean-Luc Mélenchon ou de François Fillon au premier tour ne se sont pas déplacés dans les urnes ou ont voté blanc, afin de renvoyer dos à dos les deux candidats.»
Quel principal chantier attend Emmanuel Macron ?
«L’enjeu est maintenant de rassembler, pour pouvoir gouverner avec une majorité parlementaire. Traditionnellement, les élections législatives confirment le score présidentiel, mais cette année, il y a beaucoup plus d’inconnues en termes d’alliances. Une première décision, déterminante, sera ainsi auscultée dans les prochains jours : le choix de son Premier ministre.»
![Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte Trogneux. [THOMAS SAMSON / POOL / AFP]](http://static.cnewsmatin.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/macron_21.jpg?itok=xmM0ft2k)
![En France, le vote blanc est reconnu depuis 2014.[RICHARD BOUHET / AFP]](http://static.cnewsmatin.fr/sites/default/files/styles/image_200_112/public/le_vote_blanc.jpg?itok=ReZv_Mi9)