Les grands défis de Macron

Dès son discours d’investiture, hier, à l’Elysée, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de réformer le pays. [© ALAIN JOCARD / AFP]

Elu sur ses promesses de réformes, le centriste a annoncé, dimanche, lors de son arrivée à l'Elysée, vouloir agir vite. Car les défis sont nombreux.

Un président pressé. Dès son discours d’investiture, dimanche, à l’Elysée, Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité de réformer le pays, afin de «redonner confiance» aux Français.

Assurant qu’il serait immédiatement «au travail», le centriste a également affirmé qu’il ne «cèderai[t] sur rien des engagements pris». Un programme qu’il entend appliquer au pas de course, dans les semaines qui viennent.

Une majorité à rassembler à l’Assemblée Nationale

Pour pouvoir mettre en œuvre les mesures promises, encore faut-il qu’Emmanuel Macron obtienne la majorité absolue lors des législatives des 11 et 18 juin prochain. Pour se faire, La République en marche, a dévoilé jeudi le nom de 428 candidats investis, sur les 577 prévus. Modernisation de l’appareil politique oblige, 52 % d’entre eux n’ont jamais exercé de mandat politique. 

Un casting jugé positivement par plus de trois Français sur quatre (76 %), selon un sondage Harris Interactive publié vendredi. Si le mouvement se situe en tête des intentions de vote, à 29 % (Harris Interactive), les Républicains et le FN, tous les deux à 20 %, comptent prendre leur revanche.

Des pratiques politiques à renouveler et à moraliser

La priorité du quinquennat Macron sera une grande loi sur la moralisation de la vie politique. En effet, le nouveau chef de l’Etat souhaite présenter un premier texte avant même les élections législatives, pour qu’il soit «connu de tous les candidats et donc de tous les parlementaires». Dans un contexte électoral troublé par l’affaire Penelope Fillon, le centriste avait même promis durant la campagne de faire de ce projet «le socle de [son] action». 

En clair, il souhaite renouveler la vie politique, en empêchant notamment les parlementaires de briguer plus de trois mandats successifs. De même, les emplois familiaux seraient interdits et les élus devraient soumettre l’intégralité de leur indemnité parlementaire à l’impôt, ce qui n’est actuellement pas le cas. 

Un code du travail à assouplir et à moderniser en profondeur

En tant qu’ancien ministre de l’Economie, Emmanuel Macron a fait de l’emploi la pierre angulaire de son programme. Avec une nouveauté, qui risque de froisser ses détracteurs : il souhaite réformer le code du travail par ordonnances, c’est à dire en évitant le parcours législatif classique. Et ce, dès cet été.

Son projet prévoit notamment de donner la primauté à l’accord d’entreprise sur la convention de branche, ou encore d’instaurer un plafond et un plancher pour les indemnités prud’homales, en cas de licenciement abusif. Ce dernier point figurait dans le texte initial de la loi El Khomri, mais avait été abandonné face à la contestation des syndicats.

Des apprentissages à mieux cibler dès la rentrée prochaine

Sur la question de l’école, le nouveau président veut concrétiser plusieurs de ses promesses dès le mois de septembre. Parmi ses mesures phares figure le déploiement des classes à douze élèves en CP et CE1 dans les écoles des réseaux prioritaires. Afin d’accompagner les villes, Emmanuel Macron entend fournir une enveloppe de 200 millions d’euros.

Une Europe forte à reconstruire au côté de l’Allemagne

Tout au long de sa campagne, Emmanuel Macron n’a cessé de se présenter comme un europhile convaincu. Dimanche encore, il a affirmé dans son premier discours en tant que président que «L’Europe dont nous avons besoin sera refondée et relancée, car elle nous protège et nous permet de porter dans le monde nos valeurs».

Un engagement qu’il mettra à execution dès ce lundi après-midi, avec un premier déplacement à Berlin, pour rencontrer la chancelière allemande Angela Merkel.

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