Tout savoir sur Annick Girardin, ministre des Outre-mer

Annick Girardin est candidate aux législatives à Saint-Pierre-et-Miquelon. [Bertrand GUAY / AFP]

Annick Girardin, élue PRG de Saint-Pierre-et-Miquelon, nommée mercredi ministre des Outre-Mer, est avec Jean-Yves Le Drian la seule ministre du gouvernement sortant reconduite dans le nouvel exécutif.

Celle qui était jusque là ministre de la Fonction publique avait appelé à voter utile en faveur d'Emmanuel Macron dès le premier tour de l'élection présidentielle, même si son parti, le PRG, avait apporté son soutien au candidat PS Benoît Hamon.

En prenant ses fonctions mercredi soir, elle s'est décrite comme «celle qui vient du territoire le plus froid» de l'outre-mer français : Saint-Pierre-et-Miquelon, archipel d'à peine 6.000 habitants au large du Canada, dont une députée et un sénateur.

Une nomination surprise

Si le nom de M. Le Drian était souvent cité pour rester dans le premier gouvernement du quinquennat Macron, la reconduction de Mme Girardin, 52 ans, qui se présente aux législatives pour garder son siège ultramarin, est une surprise. Il y a quelques jours, elle affirmait que si le parti d'Emmanuel Macron En Marche! l'appelait pour prendre l'étiquette présidentielle aux législatives, elle répondrait «non». Mais le parti du chef de l'Etat ne lui opposera pas d'adversaire lors du scrutin de juin, dans un territoire qui a placé Jean-Luc Mélenchon nettement en tête au 1er tour de la présidentielle (35,4%).

Au ministère de l'Outre-mer, «j'ai l'impression de me sentir chez moi puisque tous mes combats ont toujours tourné vers les Outre-mer, que ce soit sur les question maritimes, d'équité, d'égalité de solidarité», a-t-elle expliqué, lors de sa passation de pouvoirs avec la sortante Ericka Bareigts, élue de La Réunion, dont elle a dit vouloir «poursuivre» le travail. Tous les territoires ultramarins sont «des lieux de représentation de la France dans le monde entier», a insisté Mme Girardin.

La nouvelle ministre aura de grands dossiers à suivre : la Guyane sort à peine d'un vaste mouvement social qui a paralysé le département sud-américain, et un référendum d'autodétermination doit se tenir en 2018 en Nouvelle-Calédonie. «Chaque territoire mérite mon attention, il y a des urgences, je les traiterai», a assuré cette quinqua (52 ans) à lunettes et courts cheveux bruns.

Elu députée PRG à Saint-Pierre-et-Miquelon en 2009, reconduite sur ce mandat en 2012, elle avait été nommée secrétaire d'Etat au Développement et à la Francophonie en avril 2014, dans le premier gouvernement Valls. Elle avait ensuite succédé à Marylise Lebranchu à la Fonction publique en février 2016. A l'Assemblée nationale, Mme Girardin, membre de la commission des Finances, a notamment fait voter une résolution unanime des députés affirmant les droits de la France sur le plateau continental autour de Saint-Pierre-et-Miquelon.

Issue d'un milieu modeste

Cette fille de marin, née dans un milieu modeste à Saint-Malo le 3 août 1964, a également été membre de la commission des affaires maritimes, et entend tout mettre en oeuvre pour «faire rayonner les bassins maritimes» des territoires d'Outre-Mer au sein du gouvernement d'Edouard Philippe. «J'ai toujours plaidé pour un grand ministère de la mer et des Outre-mer, c'est ce que j'ai dit au président tout à l'heure», a-t-elle dit.

Mme Girardin, qui a une fille et deux petits-enfants, était devenue fonctionnaire territoriale à Saint-Pierre-et-Miquelon en 1983 et avait rejoint le PRG en 1999. En cas de défaite aux législatives, elle devra toutefois quitter son nouveau poste, comme tous les ministres candidats, a prévenu l'Elysée.

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