Le défi européen de Macron

Le nouveau président est déterminé à raviver l’axe franco-allemand. [John MACDOUGALL / AFP]

Le président participe ce 22 juin à son premier Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, avec des projets et des défis à relever.

C’était l’un des grands axes de sa campagne. Le pro-européen Emmanuel Macron assiste aujourd’hui et demain à son premier Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union, à Bruxelles. Un sommet en terrain connu, puisqu’il a déjà rencontré la plupart des vingt-sept autres dirigeants attendus, notamment dans le cadre de ses anciennes fonctions à Bercy.

Ces retrouvailles seront pour lui l’occasion de lancer les grands chantiers qu’il appelle de ses vœux afin d’œuvrer en faveur d’une UE renforcée mais qui protège, seule réponse, selon lui, de la crise de confiance actuelle. Fort de la victoire écrasante de son parti aux législatives, il arrive au Conseil dans une situation favorable, et compte bien en profiter.

Des projets pour l’Europe

Parmi les principaux dossiers à aborder en priorité, Emmanuel Macron souhaite renforcer la gouvernance de la zone euro. Sur ce point, il peut se targuer du soutien de la chancelière allemande Angela Merkel. En effet, un mois après avoir accueilli le nouveau président français à Berlin, elle a affirmé mardi être prête à discuter de la création d’un ministre des Finances, voire d’un budget commun, des idées chères au président français. 

Autre priorité pour Emmanuel Macron, le renforcement de la coopération en matière de défense, notamment à travers l’adoption d’un plan d’investissement de 5,5 milliards d’euros par an, proposé par la Commission au début du mois. Ce projet constituerait un premier volet vers une cohésion accrue en termes de lutte contre le terrorisme, une préoccupation majeure. Enfin, le locataire de l’Elysée souhaite renforcer les frontières communes de l’Union avec l’extérieur. 

Sur tous ces sujets, Paris et Berlin devraient présenter des contributions communes, le nouveau président étant déterminé à raviver l’axe franco-allemand. Il bénéficie pour cela du futur retrait du Royaume-Uni, qui a souvent mis un frein aux politiques d’intégration.

Un contexte incertain

Mais le Brexit, s’il peut faciliter les initiatives franco-allemandes, prouve aussi que le désamour vis-à-vis de l’Europe est réel, y compris au-delà du Royaume-Uni. Une défiance que la seule arrivée d’Emmanuel Macron ne suffira pas à effacer, d’autant que ses projets ne font pas tous consensus. Sa volonté de limiter le dumping social, en encadrant plus strictement l’emploi des travailleurs détachés, est critiquée par les pays de l’est de l’Union. La France a rejeté une première proposition de réforme de leur statut, jugée trop molle.

Et la question de l’accueil des réfugiés continue de diviser profondément les Etats membres. En attendant un accord qui tarde, elle débouche sur des situations humanitaires dramatiques, en Italie et en Grèce. Une crise bien trop lourde pour être résolue par un simple «effet Macron». 

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