ArcelorMittal aurait déversé de l’acide dans la nature

L'homme a filmé avec son portable, la substance qu'il déchargeait dans la nature. [Capture Youtube]

Un témoignage inquiétant. Un chauffeur de camion, ancien intérimaire travaillant pour l’usine ArcelorMittal de Florange affirme avoir déversé dans la nature plusieurs centaines de mètres cubes d’acide.

L’homme, qui témoigne anonymement  au micro de France Bleu, travaillait pour un sous-traitant du groupe sidérurgique. Il affirme avoir déversé dans la nature cette matière dangereuse pendant près de trois mois alors qu’elle aurait dû être recyclée dans une usine spécialisée.

«Je transportais l’acide usagé. Normalement je devais le ramener dans un centre de recyclage à Maloncourt. Mais on me disait de charger l’acide et d’aller au crassier, avec la complicité des salariés d’Arcelor qui me donnaient les bons de livraison eux-mêmes. Les bons n’indiquaient pas que c’était de l'acide. Ils indiquaient seulement que c’était de la boue de fer ou de la boue d’épuration», raconte-t-il.

Un étrange liquide vert fluorescent

Mais le chauffeur en est certain : c’est bien de l’acide qu’il déchargeait en pleine nature, «pas loin des bois, pas loin des habitations», comme il l’explique dans une vidéo tournée avec son téléphone portable. Sur les images, on peut apercevoir les tuyaux larguant un épais liquide vert fluorescent, d’où s’échappe de la fumée. Le témoin précise qu’il déversait ainsi quotidiennement 28 mètres cubes de substance chimique. «Les rochers éclataient à cause de l’acidité du produit. Le soir, je rentrais avec les yeux rouges», ajoute-t-il au micro de la radio.

Inquiet du danger de son travail, le chauffeur avait finalement décidé d’en parler à un pompier du site de Florange. Lorsque la direction l’a su, l’homme a été licencié pour «rupture de discrétion commerciale». Depuis, il ne parvient pas à retrouver du travail dans la région.

Depuis ce témoignage, la Direction régionale de l’environnement a ouvert une enquête. De son côté, la direction d’ArcelorMittal a également ouvert une enquête interne et a assuré lundi lors d’un CE extraordinaire qu’il «n’y a aucun risque environnemental ou sanitaire pour les populations». 

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