Plan climat : le rendez-vous d'Hulot

Pour le désormais ministre de la Transition écologique et solidaire, l’enjeu du plan climat est crucial et doit permettre de dessiner la France de demain. [ERIC FEFERBERG / AFP]

Une étape clé pour rendre la planète «great again». Alors que le Premier ministre, Edouard Philippe, a esquissé les contours du plan climat, mardi face à l’Assemblée nationale, il doit être officiellement présenté ce 6 juillet par Nicolas Hulot.

Pour le ministre de la Transition écologique et solidaire, le rendez-vous est crucial. cela va en effet lui permettre d’asseoir sa légitimité, et de clarifier ses intentions en matière de lutte contre le réchauffement climatique, dans des domaines aussi divers que l’énergie, les transports ou encore la fiscalité.

Des objectifs ambitieux

Prévu pour être «un plan de travail précis», le plan Hulot affiche des objectifs ambitieux. En premier lieu, la France devra ainsi parvenir à une «neutralité carbone» à l’horizon 2050. Un engagement qui va ainsi plus loin que les précédents, qui visaient l’équilibre au cours de la «seconde moitié du siècle».

Concrètement, cela signifie que la France ne devra pas se contenter de réduire ses émissions de CO2, mais qu’elle s’engage à ce qu’elles soient absorbées en totalité par ses sols, forêts, océans, etc.

Pour ce faire, l’Hexagone devra s’affranchir des énergies fossiles et elle n’accordera plus, à l’avenir, de nouveaux permis d’exploration d’hydrocarbures.

Parmi les autres ambitions, un équilibrage de la fiscalité entre le diesel et l’essence sera mis en place d’ici à 2022 et les déchets mis en décharge devront être divisés par deux d’ici à 2025.

Tous les plastiques devront quant à eux être recyclés à 100 % à la même échéance. D’autres chantiers importants restent en revanche encore flous, tels les objectifs en matière de développement des énergies renouvelables, la baisse de la part du nucléaire dans la production électrique ou la réduction par deux du recours aux pesticides.

Nicolas Hulot devra donc apporter les précisions nécessaires dès aujourd’hui et expliquer comment l’exécutif va passer des paroles aux actes.

Des actes passés au crible

Les ONG, de leur côté, attendent du concret. A l’image du CCFD-Terre Solidaire, elles ont prévenu qu’elles passeraient «au crible» la cohérence du plan climat.

L’ex-ministre délégué au développement, Pascal Canfin, a lui aussi indiqué qu’il attendait de «voir concrètement ce qui sera annoncé par Nicolas Hulot pour donner corps [à son projet]».

Autre obstacle, le plan de Nicolas Hulot est interministériel. Sa feuille de route devra donc être cohérente avec celles des autres ministères et des arbitrages seront inévitables.

Mais il peut compter sur l’aide d’Emmanuel Macron, qui, depuis le retrait américain de l’accord de Paris, s’affirme comme le leader de la coopération mondiale contre le changement climatique. Quitte à exposer la France sur la scène internationale. 

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