Les routiers donnent «un coup de semonce»

Chauffeurs routiers en grève le 9 mai 2016, près de Port-de-Bouc, dans les Bouches-du-Rhône [BORIS HORVAT / AFP/Archives] Les fédérations CGT et FO ont de leur côté appelé à une grève reconductible à partir du lundi 25 septembre. [BORIS HORVAT / AFP/Archives]

Rassemblements ou barrages filtrants à Paris et en régions : les syndicats routiers CFDT et CFTC, opposés à la réforme du Code du travail, ont voulu donner lundi un «coup de semonce» au gouvernement, n'excluant pas de hausser le ton s'ils ne sont pas entendus.

A Paris, plus d'une centaine de personnes se sont rassemblées calmement en début de matinée près du ministère du Travail, vêtus de gilets CFDT et CFTC, pour dénoncer les ordonnances réformant le Code du travail, qui selon leurs représentants affectent particulièrement le secteur routier.

La profession est constituée «à 80% de TPE-PME et il y a 30.000 emplois à pourvoir», a déclaré à l'AFP Patrick Blaise, secrétaire général de l'Union fédérale route FGTE-CFDT. «On est en négociations avec les organisations patronales pour essayer de moderniser la profession et combler ces emplois. Les ordonnances mettent à mal ces négociations».

Pour les «20% de grands groupes, le périmètre économique n'est plus la réalité de l'entreprise, qu'elle soit Europe ou Monde, c'est la France. Demain, il sera tellement facile pour un groupe de dire qu'une entreprise française a des difficultés, pour délocaliser et faire un montage financier», a-t-il également dénoncé.

Pour Thierry Douine, président de la CFTC-Transport, les entreprises de moins de cinquante salariés «pourront déroger à toutes les applications de la convention collective qui est négociée par les organisations syndicales au niveau national».

Délégation reçue par Muriel Pénicaud

Une délégation a été reçue à la mi-journée au cabinet de la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, pour formuler une proposition.

Soit le gouvernement «sort le transport routier des ordonnances» qui sont en l'état «une catastrophe sociale pour la branche», soit il crée «une commission de suivi dans les TPE et PME» au niveau national, a expliqué Denis Schirm de la CFDT-Route. L'instance aurait le pouvoir de «valider ou refuser» les accords conclus dans les petites entreprises, un «droit de veto» qui empêcherait toute «concurrence déloyale» dans le secteur, précise M. Douine.

L'exécutif a promis «une réponse avant la fin de la semaine», selon eux.

Dans la matinée, des distributions de tracts ont été organisées en Rhône-Alpes, dans le Nord ou encore dans l'Est, pour «sensibiliser» citoyens et salariés du transport. En Moselle, la préfecture a signalé une manifestation de routiers sur l'autoroute A4, au niveau du péage de Saint-Avold, avec l'installation de barrages filtrants. Au sud de Lyon, une cinquantaine de routiers ont manifesté au péage de Vienne-Reventin sur l'A7, où ils ont distribué des tracts aux automobilistes pendant deux heures environ, selon la police. Dans le Nord, une opération escargot a été menée sur l'A1, générant «de forte répercussion» sur le trafic routier, d'après la préfecture du Nord.

Un combat qui pourrait se durcir

«C'est un coup de semonce pour dire au gouvernement de bien faire attention : il y a d'autres réformes qui se profilent, la réforme des retraites risque aussi de nous impacter de plein fouet», a dit M. Douine, citant le congé de fin d'activité qui permet aux conducteurs routiers de cesser le travail cinq ans avant l'âge légal, du fait de la «pénibilité» du métier. Après la journée d'«action et information» de lundi, «ça pourra se durcir en fonction des nouvelles réformes», a-t-il prévenu.

Les fédérations CGT et FO ont de leur côté appelé à une grève reconductible à partir du lundi 25 septembre.

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