Voiture de police incendiée : jusqu'à 4 ans de prison requis contre six prévenus

Le délibéré est attendu le 29 septembre.[Lionel BONAVENTURE / AFP]

Le parquet a demandé vendredi des peines allant de douze mois avec sursis à quatre ans de prison ferme contre les six premiers des neuf prévenus dans l'affaire de la voiture de police brûlée en 2016 à Paris.

Les réquisitions ont été interrompues et devaient reprendre dans l'après-midi pour les prévenus considérés par les enquêteurs comme les plus impliqués dans l'attaque et la mise à feu, très médiatisées, d'une voiture de police quai de Valmy le 18 mai 2016.

Parmi eux Antonin Bernanos, arrière-petit-fils de l'écrivain Georges Bernanos et militant antifasciste très actif, qui risque la plus lourde peine : en théorie jusqu'à vingt ans de prison pour «violences aggravées» en état de récidive légale. Contre son frère Angel et contre deux autres prévenus, le ministère public a demandé une condamnation à douze mois de prison avec sursis et trois ans d'interdiction de manifester à Paris.

Ils sont jugés pour avoir participé à un «groupement» formé en vue de commettre des violences, un délit voté en 2009 à l'initiative de l'actuel maire LR de Nice Christian Estrosi, et critiqué à l'époque par la gauche.

Une interdiction de territoire demandée

Les deux représentants du parquet qui se partagent les réquisitions ont ensuite demandé un an de prison ferme, aménageable, contre Thomas Richaud, qui a donné des coups de pied et de poing dans le véhicule. Contre Kara Brault née David, et contre Ari Rustenholz, qui ont eux frappé le véhicule à coups de plot métallique, respectivement deux et quatre ans de prison ferme ont été requis.

Le parquet a aussi demandé que Kara Brault, Américaine transgenre, soit interdite du territoire français. Le neuvième prévenu, résidant en Suisse, est absent. Rejetant la thèse d'un procès politique, il a parlé d'un «procès de casseurs» et demandé, en reprenant la rhétorique selon lui de l'ultra-gauche : «Où se trouvent les fascistes et les extrémistes quand on combat la police, la justice, les journalistes ?»

«J'aurais pu laisser une orpheline»

Les audiences depuis mardi ont été houleuses, scandées par les cris des sympathisants des prévenus groupés à l'extérieur de la salle : «Tout le monde déteste la justice» ou «Flics violeurs assassins». Des journalistes ont été pris à partie.

Avant le réquisitoire, Kevin Philippy, surnommé «policier kung-fu», a voulu reprendre la parole. Très ému, ce gardien de la paix taillé en armoire à glace a dit : «C'est une torture pour moi de revoir les vidéos», devenues virales, qui le montrent parant à mains nues les coups de barre métallique. Kevin Philippy a raconté avoir pensé à sa fille alors âgée de trois mois, et s'être dit: «J'aurais pu laisser une orpheline.»

Le délibéré est attendu le 29 septembre.

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