Stationnement : les PV passent à l'attaque

L’amende unique, c’est fini. Dès le 1er janvier, le procès-verbal (PV) pour défaut de paiement du station­nement va être introduit. [SIPA]

Dès le 1er janvier prochain, les municipalités choisiront le montant des amendes concernant le stationnement. Avec des stratégies diverses.

L’amende unique, c’est fini. Dès le 1er janvier, le procès-verbal (PV) pour défaut de paiement du station­nement, fixé au niveau national à 17 euros, va en effet disparaître au ­profit du «forfait de post-station­nement» (FPS), laissé à la libre appréciation des municipalités.

Et c’est Lyon qui a frappé fort cette semaine, en décidant d’élever le tarif de ses amendes à 35 euros, voire 60 euros, selon les zones.

Un record dans le pays. D’autres villes dégaineront plutôt des tarifs à la baisse. La bataille des PV ne fait que commencer, avec pour chacun des objectifs bien différents. 

Des volontés différentes

Bordeaux, Strasbourg, Nantes… Comme Lyon, la plupart des grandes villes prévoient une hausse du montant des procès-­verbaux, à 35 euros, en début d’année prochaine.

C’est aussi le cas à Paris, où certaines zones seront même à 50 euros. Arguant que le montant actuel des PV n’est pas assez dissuasif, ces municipalités ont le même but : désengorger au maximum leur centres-villes.

Ainsi, la capitale, particulièrement en pointe dans la lutte contre le réchauffement climatique, veut inciter encore davantage les citoyens à se déplacer à vélo ou en transports en commun.

Alors qu’en mai, le maire adjoint (EELV) en charge de la ­voirie, Christophe Najdovski, déclarait «être en guerre contre la pollution», cette mesure pourrait permettre une amélioration dans ce domaine, mais aussi dans la lutte contre les ­nuisances sonores.

Néanmoins, d’autres villes, de taille plus modeste, ont fait un choix plus surprenant, en prévoyant des amendes sous les 17 euros. Leur objectif : redynamiser des centres-villes moribonds.

C’est le cas de Castres (Tarn), où le PV sera de 10 euros, ou de Calais (Pas-de-Calais), où il sera de 11 euros. Avec, en prime, un premier quart d’heure gratuit, pour inciter les conducteurs à venir faire de rapides courses.

Les automobilistes inquiets

Déjà échaudés par le déploiement de multiples radars sur les routes ces dernières années, les automobilistes voient d’un mauvais oeil l’arrivée de cette tarification à la carte. 

Ainsi, à Lyon, l’amende serait fixée à 60 euros, mais pourrait être majorée de 50 euros en cas de retard. Avec cette politique, «on veut faire du chiffre», dénonce Pierre Chasseray, le délégué général de l’association 40 Millions d'automobilistes.

Et la colère des conducteurs pourrait ne pas en rester là. Car si la réforme à venir prévoit un renforcement accru des contrôles, la validation des tickets d’horodateur et la verbalisation pourront aussi être confiées à des sociétés privées. De quoi alimenter un peu plus leurs craintes. 

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